Lorsque je vivais à Iqaluit, un ami m'a prêté deux livres. Il est maintenant déménagé à Yellowknife et je me suis promise d'aller les lui ramener en personne. Le souci, c'est que j'aurai le temps de le faire seulement cet hiver. Qu'à cela ne tienne, voici une opportunité pour moi d'approfondir ma pratique de l'auto-stop d'hiver !
J'ai déjà fait de l'auto-stop l'hiver : en Norvège en décembre et au Canada dans un périple mémorable de mes Îles-de-la-Madeleine natales jusqu'à Montréal (1400 km), par -35oC, le 31 décembre et le 1er janvier 2006. Par chance, j'ai été hébergée spontanément par une jeune femme atteinte de déficience mentale, mais ça, c'est une autre histoire qu'il me faudra raconter...
Ce que je sais de l'auto-stop d'hiver, c'est qu'il faut s'y préparer adéquatement. Ce n'est pas tout de s'habiller chaudement. Il faut prévoir de s'habiller en couches et de se protéger la tête et les extrémités. Lorsque je fais du stop, j'ai souvent avec moi deux sachets de chauffe-pieds (chaufferettes en France), deux paires de chaussettes sèches supplémentaires et des mitaines (mouffles), plus chaudes que des gants. Et sinon, je risque de vous décevoir... Mon équipement n'est pas plus spécialisé que ça !
Bien sûr, je ne compte pas bivouaquer en chemin mais bien compter sur de l'hébergement organisé (en l’occurrence Couchsurfing) ou spontané, l'auto-stop étant une pratique de rencontre. Aux difficultés du climat s'ajoute les jours qui raccourcissent, tant en fonction de la saison que de la latitude. Par exemple, au 10 janvier) date potentielle de mon départ de Montréal, la journée durera près de neuf heures, mais si je suis à Yellowknife dans les environs du 20 janvier, elle sera de moins de six heures et demie. Je me dois d'en tenir compte et de planifier des trajets plus courts chaque jour tout en connaissant les villages sur ma route, en cas de pépin.
J'anticipe tout de même que la partie la plus difficile du voyage sera celle où la densité de population est la plus faible et le climat le plus rude, c'est-à-dire d'Edmonton à Yellowknife, mais je peux me tromper. Voyez plutôt la carte :
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En choisissant de suivre la Route transcanadienne, je m'évite un passage aux États-Unis à l'aller (qui me demanderait plus de préparation en termes de recherche) et je me donne une chance de tomber sur un routier qui fait le trajet vers Winnipeg. C'est aussi une route mythique qui comprend une portion réputée être un "trou à pouceux": les environs de Wawa, entre Sault-Sainte-Marie et Thunder Bay, dans le nord de l'Ontario.
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La première étape consiste à découper les 5200 km de cet itinéraire en journées d'auto-stop, à moins de planifier le trajet en non-stop (pas d'arrêt d'hébergement), ce qui est très possible quand on campe sur le route, mais déconseillé l'hiver. En temps normal, je planifie des trajets de 700-1000 km par jour, mais pour l'hiver, je vais généralement réduire cette distance à 500-700 km/j. Enfin, l'une de mes contraintes est de m'arrêter à Saskatoon voir la belle Malika chanter. Je prévois que le retour se fera sans doute sur un itinéraire similaire Voici donc un premier découpage d'itinéraire:
| Arrêt | Distance | Note | Parcours alternatif | Distance |
| Montréal | 0 km | |||
| Ottawa | 200 km | Mes parents | ||
| Sudbury | 485 km | Sault-Ste-Marie | 789 km | |
| Thunder Bay | 995 km | Thunder Bay | 691 km | |
| Winnipeg | 699 km | |||
| Regina | 573 km | Saskatoon | 831 km | |
| Saskatoon | 258 km | Très court | ||
| Edmonton | 525 km | |||
| Peace River | 488 km | |||
| High Level | 296 km | Très court | Fort Providence | 710 km |
| Yellowknife | 729 km | Yellowknife | 315 km |
Il est donc probable que je tente de suivre l'itinéraire en gras, comportant moins d'étapes. Les portions les plus longues ne seront pas nécessairement les plus difficiles à réaliser puisqu'il y a très peu de communautés et pratiquement aucun embranchement passant dans certaines sections. Mon choix de m'arrêter ou non à Sudbury ou à Regina sera probablement conditionné par la destination finale de mon conducteur et l'heure à laquelle il m'y laisserait. Quand aux arrêts de High Level ou de Fort Providence, il est peu probable que je les fasse puisqu'il me semble logique que passé Peace River, une forte proportion des véhicules fasse le trajet jusqu'à Yellowknife. Je peux donc envisager de faire les quelques 1200 km en non-stop.
J'ai donc noté tout ça sur une carte tout en y notant les endroits où il y avait des Couchsurfeurs entre Edmonton et Yellowknife, en cas de pépin. J'ai sauvegardé le tout sous Google Maps.
Comme ça tout est prêt pour la prochaine étape de préparation, c'est à dire le calendrier et la prise de contact. Je vous tiens au courant !
Belle prépa, on voit que t'es une pro :)
RépondreSupprimerAttends, si ça se trouve, je vais quand même finir par faire du non-stop jusqu'à Saskatoon.. ;)
RépondreSupprimerQuelle aventuretu nous prépare. Tu me donnes envie de t'accompagner!!!
RépondreSupprimerJe n'ai malheureusement pas pu entamer ce voyage, pour plein de mauvaises raisons (mais qui me justifient amplement). Peut-être en février ? Je vous redonne des nouvelles de tout ça sous peu :(
RépondreSupprimerAllo Annick Marie !
RépondreSupprimerAvec Ilé et Nadim on veut partir a Tadoussac pour le nouvel an.
Comment faire lorsque ce sont des routes peu passantes...? :/
Est ce que tu penses que je devrais le faire en deux fois avec un arrêt(nuit)?
xx, Lola (anthropo).
Bonjour belle Lola ! J'aurais tendance à faire un arrêt à Québec histoire de ne pas être stressée d'arriver. Montréal-Québec se fait assez bien, mais il vous faudra changer de rive (sud au nord) et ça n'est quand même pas en criant "ciseaux", surtout à trois ! En fait, le nombre est surtout le point difficile de votre projet.
SupprimerPour ce qui est du faible trafic, il ne joue pas toujours contre vous, au contraire. Les gens en régions plus éloignées sont en général compréhensifs, vu la rareté et le coût des transports en commun. L'important, c'est d'être visible et de ne pas vous faire déposer complètement au milieu de nulle part, sans habitations aux alentours. Mais comme Tadoussac est sur la 138, vous risquez assez peu !
Pensez aussi à laisser plus d'espace aux gens pour s'arrêter, à être sécuritaire pour eux. En hiver, la distance de freinage est plus longue, d'où l'intérêt d'être bien visible et très bien placé. Les stations service vers la sortie des villes/villages sont de bons endroits qui répondent à tous ces critères au Québec