Autostoppeuses Fantastiques : Astrid – Histoires de Tongs

Temps approximatif de lecture : 5 minutes

Si vous ne l’avez pas remarqué, je suis complètement fan du blog d’Astrid, Histoires de Tongs.

Au fil de mes lectures, j’ai réalisé avec confiance qu’il y avait une relève sur le Web pour parler de voyage alternatif d’un point de vue féminin. Ça m’a soulagé de savoir qu’à présent, les femmes qui cherchent à en savoir plus sur le sujet pouvaient avoir accès à une pluralité de points de vue.

Ça me réconforte d’autant plus que j’ai choisi de ne pas me centrer sur mes propres voyages, mais sur la culture de la route et de l’auto-stop. Il y a maintenant des femmes comme Astrid et d’autres voyageurs pour relater leurs expériences inspirantes hors des sentiers battus, mais surtout hors de l’industrie touristique.

Astrid-Auto-stop

Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.

Coucou! Je m’appelle Astrid, j’ai vingt-neuf ans, et je viens d’Orléans. J’ai passé six ans à travailler avec les jeunes dans les quartiers, un boulot qui me passionnait réellement. Pourtant, il y a trois ans, j’ai décidé de tout plaquer et de partir sur les routes. Depuis, je suis nomade. Je passe donc l’essentiel de mon temps à découvrir le monde, et à m’enrichir des rencontres que j’ai la chance de faire un peu partout. J’aime écrire, par conséquent je consacre beaucoup d’énergie à la rédaction d’articles sur mon blog, bien qu’il me reste tout à apprendre dans ce domaine. Actuellement, je suis en Suède pour trois mois, et c’est la première longue pause que j’effectue en trois ans. Je crois que j’ai eu besoin de me retrouver et de me ressourcer avant de pouvoir repartir de plus belle!

Astrid

Comment décrirais-tu ton style de voyage ?

J’ai eu l’occasion de voyager de différentes manières ces dernières années. J’ai commencé de la façon la plus classique qui soit : prendre des bus. Très vite, j’ai compris que je passais à côté de ce qui me tenait réellement à cœur : rencontrer de nouvelles personnes, et découvrir d’autres cultures. J’ai alors vadrouillé en stop pendant deux ans, et mon voyage a ainsi pris un grand tournant, à ma plus grande joie. Suite à cela, j’ai eu la chance de récupérer un van, et j’ai passé un an sur les routes d’Europe, à faire de l’exploration urbaine et à jouer de l’accordéon dans la rue. J’ai pu continuer mon aventure tout en profitant d’un peu plus de confort : notamment dormir dans un vrai lit ! Ainsi, j’ai pu rendre la pareille et récupérer tous les auto-stoppeurs se trouvant sur mon chemin. Question de karma, ou question d’honneur : un peu des deux j’imagine…

Tu es une auto-stoppeuse. Que penses-tu de l’auto-stop ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

On entend beaucoup parler de l’auto-stop, mais rarement avec justesse. Le stop serait avant tout un moyen de voyager gratuitement, avec les risques que cela puisse comporter. Pour moi, ce fut une réelle découverte, car comme beaucoup j’avais tous ces a priori négatifs. J’ai compris avec le temps qu’il ne s’agissait pas de se rendre d’un point A à un point B tout en voyageant à l’œil. C’est bien plus que ça. Le stop, c’est avant tout avoir confiance en son prochain. Dans une société où l’individualisme monte en flèche et où les portes se ferment à double-tour, quelle bouffée d’oxygène que de réaliser que l’autre n’est finalement pas si mauvais!

Le stop, c’est également une remise en question permanente. Confronter mes idées à celles de parfaits inconnus ; les laisser approcher mon intimité avec honnêteté car de toutes façons, nous ne nous reverrons jamais ; réaliser quelles sont mes failles, mes faiblesses, ravaler mon amour-propre m’asseyant au premier rang de l’école de la vie ; apprendre la patience, l’humilité, le don de soi : tout cela a contribué à faire de moi une bien meilleure personne, même si la transition fut souvent douloureuse.

Enfin, le stop, c’est un art. Ce sont des techniques qui se découvrent sur le tas et se peaufinent avec les kilomètres, tout en prenant son temps. Mon quotidien a ralenti depuis que mes palpitations ont accéléré : le stop, c’est toute une philosophie, une affaire d’émotions, de la poésie à l’état pur…

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Être une femme, en voyage, pour toi, ça change quoi ?

J’aimerais clamer que voyager en tant que femme est bien plus difficile, car cela flatterait mon ego qui revient au galop… Mais pour être honnête, être une femme en voyage est un immense avantage. Je trouve toujours sans problème quelqu’un pour m’héberger, car cela est rassurant d’inviter une femme. C’est assez paradoxal, car le genre d’un individu n’indique pas si ses intentions sont bonnes ou mauvaises.

De même, les conducteurs s’arrêtent souvent pour me déposer un peu plus loin, souhaitant me protéger. J’ai beaucoup entendu des remarques comme : « Vous êtes ma première auto-stoppeuse! Quand je vous ai vue, je me suis dit qu’il fallait que je vous aide, on ne sait jamais sur qui d’autre vous auriez pu tomber… ».

Enfin, la galanterie n’a pas totalement disparue de la surface du globe, et il m’arrive régulièrement d’être invitée, en tout bien tout honneur, à partager un verre ou un repas. Être une femme sur la route, c’est donc plutôt agréable!

Tu partages tes expériences de voyage alternatif sur ton blog Histoires de Tongs. Peux-tu nous dire quelques mots à ce sujet ?

Depuis que mon aventure a pris un tournant alternatif, j’ai l’impression que mon voyage est davantage porteur de sens. Qu’il s’agisse de stop, de bateau-stop, de glanage alimentaire, d’expériences sans argent ou de vie dans un van, je réapprends avec bonheur comment avoir confiance en moi, mais également en l’autre. C’est la ligne directive de mon blog, accompagnée de quelques réflexions sur la vie nomade. J’essaie de partager mes peurs, mes interrogations, mes remises en questions, ainsi que mes joies et cette foi en l’être humain qui grandit au fil des mois.

Et des fois je raconte des trucs drôles aussi. Comme l’histoire d’une fille qui réussit à ensabler dans le désert quatre voitures, alors qu’elle n’en a qu’une…

Un conseil pour les femmes voyageuses ?

Question difficile! Par où commencer? Je dirais peut-être en premier qu’il ne sert à rien de repousser nos limites si tout plaisir disparaît. Autrement dit, autant ne pas se lancer dans un défi que l’on redoute, si c’est pour avoir des réticences tout au long de l’aventure.

Aussi, même si cela tombe sous le sens, je conseillerais de porter des vêtements adaptés. Le stop en mini-jupe, ça fonctionne bien, trop bien peut-être… ? Pour le reste, même principe : tout est question de bon sens et de feeling. Faire confiance à notre ressenti est la meilleure façon de faire en sorte que tout se passe bien. Ah si, j’oubliais… Un sourire, ça vaut mille panneaux !

Pour finir, j’aime beaucoup rencontrer d’autres voyageurs… Si votre route croise la mienne, n’hésitez pas à me contacter, ça me fera toujours plaisir !

On retrouve Astrid sur FacebookTwitter & Instagram !

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