Lectures : À Vancouver tourne à gauche – Sébastien Chion

Temps approximatif de lecture : 2 minutes

Ma note : 3 étoiles sur 5

Quand le récit de voyage rencontre la chick-lit et que c’est écrit par un homme, ça donne un résultat un peu inhabituel. Sébastien est un des nomades qui fait partie de mon univers, car nous avons beaucoup d’amis en commun même si l’on s’est très rarement croisés. Aussi, quand j’ai appris qu’il avait publié quelques-uns de ses récits en auto-édition, j’étais curieuse du résultat.

La prémisse du voyage se prête bien à la rêverie : inspiré par le roman Volkswagen blues de Jacques Poulin, le narrateur s’achète un van pour partir dans l’Ouest canadien, voyage au terme duquel il tournera à gauche pour descendre sur la côte ouest américaine. Le premier tome nous amène jusque là en trois actes, chacun accompagné d’une rencontre sentimentale qui amène des prises de conscience en éveillant des souvenirs de relations passées. S’il partait d’abord pour se retrouver seul avec lui même, ce sont les rencontres qui font de son voyage un parcours humain et il s’y laisse porter en vivant chacune d’entre elles avec intensité, voire avec romantisme.

Si ce genre littéraire n’est pas exactement ma tasse de thé, l’auteur manie bien la langue et la lecture est facile et agréable. On tombe parfois dans le sentimentalisme à l’eau de rose et les grandes révélations émotionnelles. D’une part, c’est rafraîchissant de lire un jeune homme qui en parle, d’autre part, j’ai trouvé ça un peu lassant puisque le voyage n’est pas autant au cœur du récit et que les amours prennent pour ainsi dire toute la place.

J’aurais préféré un fil rouge plus clair autour du « Pourquoi pas ? » (le nom du van), d’autant plus que c’est une phrase que le narrateur emploie fréquemment en acceptant les invitations. C’est peut-être le rendez-vous manqué de ce livre qui se veut introspectif et émotionnel plus que narratif.

Je vais sans doute lire le tome 2 dans les prochains mois parce que… Pourquoi pas ?