Lectures : Et si je traversais l’Atlantique en voilier

Temps approximatif de lecture : 2 minutes

 

J’émets ici une critique de la tête et non du cœur
car mon cœur lui donne toutes les étoiles
pour avoir osé écrire un livre et le publier lui même !

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Je vais être honnête : ce livre est loin d’être une oeuvre de littérature. Rédigé sous la forme d’un témoignage, il relate l’histoire de la transatlantique du Capitaine Rémi, capitaine de sa propre vie et bateau-stoppeur en herbe.

Plaidoyer candide pour la réalisation de ses propres rêves, l’ouvrage est touchant par l’humilité et la transparence de son auteur. Le cœur de l’histoire n’est pas dénué d’intérêt. Comment décide-t-on de partir ? Comment a-t-il réalisé ce défi ? Comment l’a-t-il vécu, concrètement ? Le témoignage nous permet de découvrir à la fois le contexte, la méthode, le vécu et la personnalité de l’auteur.

N’y connaissant rien à la voile, j’ai beaucoup aimé son regard de débutant sur le domaine, à un point tel que j’aurais voulu en savoir un peu plus sur ses apprentissages de marin. Souvent, j’ai eu envie d’être à sa place un peu plus encore. Aussi, son détail des interactions entre les protagoniste m’a semblé pertinent et représentatif des défis humains rencontrés sur un voilier.

L’écriture est correcte, même si j’ai parfois eu de la difficulté à saisir les choix des temps grammaticaux pour situer l’action versus la description, surtout lors des plongées dans le souvenir. Par contre, Le Calvez m’a parfois assommée de proverbes un peu creux, de sagesse facile et de philosophie à deux balles. Je le sentais transcendé et convaincu, mais plutôt que de me dire tout ça cash, il me semble qu’il aurait très bien pu éviter les clichés et me laisser tirer ces conclusions seule, à partir des expériences qu’il raconte.

Mais le seul reproche que je puisse réellement faire à mon cher Capitaine, c’est de ne pas avoir su garder un fil rouge sur l’ensemble du récit. C’eût été pourtant possible, il y avait de la matière ! Ainsi, certaines anecdotes semblent désincarnées par rapport au cœur du récit et ne semblent que remplir des pages pour meubler un récit parfois maigre. Pourtant, ce n’est pas la matière qui manque ! Tisser le récit d’une deuxième trame plus claire aurait mieux servi l’oeuvre que ces ajouts maladroits.

En dépit de ces faiblesses propres à un premier ouvrage entièrement auto-édité, je recommande ce livre sans hésiter à toute personne s’intéressant au bateau-stop et rêvant de réaliser une transat, en particulier ceux qui comme moi n’ont absolument aucune expérience de la voile. D’une lecture rapide, il n’en demeure pas moins un récit inspirant et pertinent.