Gabon : Test de produits répulsifs et insecticides Manouka

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Je n’ai pas trop l’habitude de faire des tests de produits, mais lors de notre mois de vacances au Gabon cet été, la compagnie française Manouka nous a envoyé quatre produits à tester à titre gracieux. Je n’ai pas été autrement rémunérée pour ce test.

Je tenais à faire un petit compte rendu car le conditionnement de leurs produits est novateur et ils me semblaient particulièrement appropriés dans le cadre de nos mesures de prévention générales contre le paludisme, en plus de notre prophylaxie médicamenteuse.

Contrairement à ce que mon adorable mari avait retenu de nos échanges avec le médecin de la clinique du voyageur, il ne suffit pas d’avaler un cachet anti-paludéen à tous les jours pour être correctement protégés : il faut aussi appliquer une stratégie globale pour prévenir les piqûres d’insectes.

Source : Mario Yordanov/Flickr

Dans la le chapitre Santé du voyageur de la Bible du Grand Voyageur, nous recommandons notamment de :

  • porter des vêtements clairs, amples et couvrants, serrés au niveau des poignets, de la taille et des chevilles;
  • appliquer des répulsifs efficaces sur les parties découvertes du corps et sur les vêtements;
  • utiliser des insecticides dans la pièce.

Pour rappel, les répulsifs commerciaux recommandés dans le cadre de la prévention des maladies tropicales sont à base de DEET (plus de 10%), d’IR3535, de KBR3023 (icaridine) ou de citriodiol. Ces produits sont généralement toxiques pour l’humain et il faut éviter au maximum le contact avec la bouche (et donc de porter les mains à la bouche). Le contact prolongé avec la peau n’est pas recommandé non plus. Voilà pourquoi je trouvais le conditionnement de ces produits particulièrement intéressant !

Le médecin nous a aussi donné la recommendation généraliste de dormir sous une moustiquaire à mailles fines imprégnée de perméthrine. Cependant, nous avons décidé de ne pas appliquer ces conseils au pied de la lettre ni de façon démesurée par rapport à nos amis. Il faut dire que nous étions en visite chez des familles plutôt aisées, où il y avait des climatiseurs dans toutes les chambres. Nous avons constaté visuellement qu’il y avait assez peu de moustiques en cette saison, sauf dans l’heure suivant le coucher du soleil.

Lors de nos déplacements, nous avions avec nous une bonbonne d’insecticide à pulvériser dans les chambres, tant dans les hôtels que dans les maisons. La partie plus délicate a été dans les transports – nous avons eu un véhicule infesté lors d’un safari et avons été vulnérables dans l’aller-retour en train Franceville-Libreville.

 

En résumé

Nous avons testé 4 produits envoyés par Manouka et choisis par mes soins : le pack défense extrême se défend bien face aux autres produits du marché, le mini-stick est un répulsif très pratique en société ou lorsqu’il y a de la nourriture, le roll-on apaisant est une chouette découverte et le bracelet diffuseur ne nous a pas convenu. Tous les produits Manouka sont fabriqués en France.


Bracelet diffuseur

Il s’agit d’un bracelet auto-enroulant classique, tel qu’on en avait aux couleurs brillantes et fluorescentes dans les années 90. Le bracelet est recouvert de néoprène. J’avais un modèle noir, avec un petit point blanc à l’endroit où appliquer une dizaine de gouttes du produit anti-moustique à base d’IR3535 (10%) et de Citriodiol (5%). Efficace pendant 6 heures, ce produit sans DEET peut donc être utilisé chez les enfants dès l’âge de 3 ans.

Même si j’étais excitée à l’idée de ce bracelet, je l’ai trouvé somme toute assez peu esthétique pour un adulte. Après l’avoir porté quelque temps au poignet lors de nos soirées au coin du feu, j’ai fini par l’accrocher sur mon sac à dos car il me gênait dans des environnements plus mondains. Je l’ai perdu le soir même. J’ai été déçue de le perdre, mais j’ai continué à utiliser le répulsif sur un coin de tissu caché de mes effets personnels et ça semblait bien fonctionner : à la base de mon sac à dos, sur une couture cachée de mon sac à main…

Le conditionnement est donc intéressant, mais pour moi il s’agit plus d’un produit pour les enfants et les plus jeunes, et pas forcément à utiliser dans un contexte de voyage, d’autant que la pipette de la recharge en verre n’est pas intégrée dans la bouteille – j’avais peur de la retrouver cassée à tout moment dans ma trousse.

Bref, un produit plus familial, à n’utiliser qu’au poignet ou sur un support fixe, peu abouti ou approprié pour le baroudeur.

Baume en mini-stick

Un baume répulsif, ça pourrait bien être un oxymore, mais non, le mot baume décrit ici seulement le conditionnement sous forme de stick solide gras, facile à étaler sur la peau.

J’avais de gros doutes sur ce produit, mais en fait il a été très pratique lors de nos sorties. À base d’icaridine (20%), son odeur est discrète et l’application aisée : il y avait peu de risque de le voir se disperser dans notre apéro, contrairement aux aérosols. Le contenant ne fuit pas et le produit convient aux bébés après 12 mois.

C’est LE produit qui nous a dépanné à Port-Gentil avec les quatre gamins quand personne n’avait vraiment prévu de protection spécifique pour le repas du soir et que les spirales anti-moustiques ne suffisaient pas. On ressent bien la texture grasse sur la peau, mais l’avantage c’est qu’il est tout à fait discret et reste en place là où on le met. C’est clairement un atout de la gamme et je n’hésiterai pas à en reprendre vu le format pratique, sans gaspillage.

Pack Extrême-Défense

Il s’agit en fait de deux produits aérosols complémentaires, les deux qu’on aurait sans doute voulu acheter à la base pour se protéger : une lotion répulsive (icaridine 25%) et un insecticide pour les vêtements et les moustiquaires (perméthrine 4%). Les flacons n’ont pas fui et ont bien résisté dans les transports (notamment dans l’avion) et dans mon sac à dos où ils ont pu être quelque peu malmenés.

Nous avons surtout utilisé la lotion dans les transports (le train, la voiture crade du safari de la Lopé) ou lors de nos excursions en nature, lorsque nous n’avions pas d’événements mondain ni de contact alimentaire. On l’a aussi utilisé sur la terrasse de la maison à Libreville à l’heure des moustiques, quand on y pensait. L’odeur n’est pas aussi mauvaise que d’autre répulsifs, mais elle est clairement plus forte que celle du stick. Difficile de dire pour ce qui est de l’efficacité, mais ça m’a semblé comparable à ce que l’on attend de ce genre de produits.

Comme nous n’avions pas de moustiquaire, nous avons utilisé l’insecticide sur nos vêtements lors de notre première sortie en forêt dans un parc national. J’ai traité généreusement une tenue pour moi (legging et robe) et une pour mon mari (pantalon cargo et T-shirt sport) et il restait du produit. L’aérosol n’a pas laissé de trace sur nos vêtements. Manouka affirme que son procédé de fixation lui permet de résister jusqu’à 15 lavages, mais encore une fois difficile pour nous de s’en rendre bien compte : nous avons lavé nos tenues 6 fois en tout environ je n’ai pas l’impression d’avoir été trop piquée quand je les ai portées, l’idée étant surtout que les moustiques piquent souvent au travers des vêtements. Nous n’avons pas eu d’irritations sur la peau par la suite.

En somme, ces produits ont eu une performance conforme à ce qu’on attendait et je les recommande.

Roll-on apaisant

Là encore, il s’agit d’une belle découverte. Ayant un sang qui attire les moustiques, j’ai souvent utilisé des produits à base de calamine ou d’ammoniac pour neutraliser les démangeaisons, sans réel succès. J’ai donc demandé ce produit sans y croire.

WOW ! On l’a utilisé quasiment à tous les jours, surtout au début quand on ne se rendait compte de la présence des moustiques en soirée qu’après avoir été piqué. Pour moi c’était quasi instantané et donc à tous les soirs avant de dormir, je faisais le décompte des piqûres avec le roll-on à l’enoxolone. Pierre me le redemandait tout le temps, et il a même fonctionné sur les petites irritations étranges qui lui sont apparues en rang sur la peau après une baignade dans la mer à la case près de Port-Gentil. Le format est vraiment pratique et n’a pas fui dans nos affaires et il nous en reste amplement pour un autre voyage !

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