La clé dans la porte

Temps approximatif de lecture : 3 minutes

Vous avez fait un très long voyage en baroude extrême… depuis votre canapé. Du stop, vous en avez fait plus jeune, vous n’oseriez jamais en faire seule. Ça vous rend libre et ça vous fout les jetons. Vous vous êtes arrêtées ici, sur le parking du Web, vous m’avez fait monter avec vous et nous avons entamé une conversation.

Vous êtes tellement toutes différentes les unes des autres, comme mes autostoppeuses fantastiques : de braves peureuses, d’actives flemmardes, de célèbres inconnues, des Parisiennes, des Bornéennes, des relativistes radicales, des anarchistes avec (ou sans) petit tailleur noir…

Vous m’avez prise en stop pendant plus de sept ans,
ici même

L’espace d’un instant, mon égo d’auto-stoppeuse a cru que c’est moi qui voyageais alors que c’est vous qui me transportiez.

Je me suis laissée porter par les publications, l’audience et les réseaux sociaux, avec un inconfort grandissant face aux dictatures de l’image, du webmarketing et de l’instantanéité.

Photo by Rodion Kutsaev on Unsplash

J’ai fini par me procurer un smartphone et puis un réflex, moi qui ne jurait que par mon vieux Nokia indesctructible et qui n’ai eu mon premier appareil photo qu’en 2013, plus de dix ans après mes premiers voyages… Moi qui souhaitais partager mes connaissances pour le plus grand nombre via les wikis, j’ai tenté comme tant d’autres Instagram et Pinterest, j’ai Deliciousé, Scoopé, Linkediné pendant des mois, voire des années…

Facebook est devenu mon calvaire.

Les publicités ont envahi chaque recoin de mon cerveau. Ma capacité à porter mon attention sur quelque chose s’est progressivement diminuée.

Je lis bien moins de livres qu’avant, je zappe, je me saoule. Comme tant d’autres, je suis droguée aux likes, à la portée, addict de mots qui ont envahi mon quotidien malgré ma résistance à les y faire entrer.

Oui, j’ai voulu qu’on me voie, qu’on me lise, qu’on me découvre entre trois comparateurs de vols et quatre tops des vingt choses à ne surtout pas oublier quand on va aux chiottes.

Lisez-moi ! Trouvez-moi grace à mon SEO, augmentez mon ROI…

Non, à vrai dire, je n’ai pas voulu trouver de meilleures stratégies, j’ai seulement voulu écrire plus… Mais étourdie par les rythmes du Web, j’en ai fini par oublier ma propre lenteur. Avant de craquer sous la pression, j’appelle à moi la légèreté de l’insouciance et la gravité des œuvres massives.


J’ai cette envie foldingue
de fusionner mes vies parallèles

Mettre la clé dans (sous !) la porte pour ne plus avoir à tenir boutique… D’autant que je n’ai rien à vous vendre ! Ici, c’est ma bibliothèque. Je viens y poser mes fesses pour tromper le spleen et flirter avec les mots.

Pour me déconnecter et me connecter par IPoAC.


Photo par Eugenio Mazzone sur Unsplash

Globestoppeuse change

 

La page d’accueil ne sera plus en mode antéchronologique – puisque ça n’est plus un blog, disais-je.

Mon travail de documentation et d’archivage sera mis en valeur : vous retrouverez plus facilement les différents types d’articles par catégories. Je continuerai à publier sporadiquement des articles sur le phénomène de l’auto-stop principalement et sur mes voyages ponctuellement.

Je ne parrainerai plus d’événements d’auto-stop après cette saison. Quand j’ai commencé, il n’y avait presque pas de sites ou de forums francophones, pas de blog, pas de forums, pas de femmes. Maintenant, la relève est belle et bel et bien là.  Je ne veux lui faire ni ombrage ni compétition.

Je veux connaître et transmettre. Je veux être une brique dans un mur solide, pas une pauvre affiche collée dessus. Je ne répondrai même plus aux demandes de partenariat – vous dire non poliment m’épuise déjà. Sortez-moi de vos listes d’influenceuses !

Ma page Facebook ne servira plus à mettre en valeur les initiatives autostoppeuses ou à faire de la veille médias. Les nouvelles publications y seront tout de même partagées, le cas échéant.  La page ne sera pas supprimée mais la pelouse n’y sera plus tondue.

Il y a de la beauté dans la friche…

Twitter restera pour moi un lieu privilégié d’échanges mais là également exit la veille médias. J’y ai déjà un ton beaucoup plus personnel.

Je continuerai à causer voyage, aventure locale, auto-stop, vélo, écomobilité, féminisme, travail du sexe, écologie, zéro déchet, fermentations, santé mentale et douleur chronique.

Ceux qui me connaissent connaissent, ceux qui veulent savoir savent.

La clé est dans la porte.

Je suis facile à trouver en chair et en os, et maintenant, je voudrais aussi que ce soit vrai en papier.

Photo by Sabri Tuzcu on Unsplash

7 Commentaires for “La clé dans la porte”

dit :

Comme je comprends et ressens chacun de tes mots… Mais tu le sais déjà, n’est-ce pas? Merci d’être toujours là pour foutre le bordel dans ces états sans âme et ces piles de linge trop bien repassé. Au fond, y’a rien de plus beau qu’un mauvais pli. Bisous!

dit :

hey ! C’est là difficulté de notre passion, on a envie d’être lu sur des médias où on n’a pa envie de passer notre temps. au final, on met le pied dans l engrenage et on se met à checker quotidiennement des pages pr dizaines. On se croyait plus forts et au final, on s’est tous fait avoir. rien que répondre aux commentaires me prend un sacré temps que j’aurai aimé passer à lire ou ecrire…

dit :

J’ai posté un commentaire mais il n’est pas apparu (ou bien il ne m’est pas visible).
Je me reprends 🙂
Bravo d’avoir tenu le fort toutes ces années.
Merci pour ces mots et pour le courage de « faire de l’espace » pour l’essentiel.
Merci d’être une source d’inspiration quotidienne.
À bientôt! -xx-

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