Lectures : Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez par Josef Schovanec

Temps approximatif de lecture : 2 minutes

Ma note : 3 étoiles sur 5

C’est après avoir regardé une conférence TED de Joseph Schovanec que j’ai eu envie de lire son livre. Heureusement, la copine chez qui je logeais l’avait sur les étagères de sa bibliothèque. « Il n’est pas représentatif, c’est un autiste de haut niveau » m’a-t-elle dit, comme pour me prévenir. Qu’il soit représentatif de lui-même suffit ; ses expériences m’intéressaient. Je n’avais aucune intention de généraliser son expérience ni à tous les autistes ni même à tous les autistes voyageurs.

J’ai plongé dans ce livre comme on plonge dans une bière fraîche un jour d’été, avec pour seule attente qu’il me divertisse et qu’il m’apporte une vision un peu différente des voyages. Je ne m’attendais pas à une oeuvre de littérature et ce n’est pas ce qu’est ce livre. Récit de voyage ? Oui, mais pas au sens traditionnel du terme : il n’y a pas de chronologie, c’est plutôt une suite d’expériences, une collection de vignettes, que dis-je, une mosaïque d’impressions rassemblées autour de sujets phares, de passions en parenthèses.

Schovanec semble fasciné par ce qui est souvent décrit en ethnologie de la mondialisation comme des non-lieu : les aéroports, les hôtels quelconques… On pourrait même dire qu’il est obsédé par ce qui fait que ces lieux ne sont pas tout à fait des non-lieux au sens que leur donne Marc Augé : les petites distinctions qui font les impressions marquantes de ces aéroports à vocation universelle et internationale, de ces vieilles chambres d’hôtel au luxe vétuste et tout à fait relatif.

Ces récits, impressions et expériences sont assemblés en médaillons, collection intense de bribes de voyage sans forcément plus de contexte. J’ai accueilli cette vision fragmentée du voyage avec enthousiasme, mais je peux concevoir que d’autres lecteurs soit déçus ou frustrés de ne pas mieux comprendre les chemins qu’a emprunté l’auteur. Nous, non autistes, sommes structurés par la chronologie, apanage classique du récit de voyage. Il nous faut devenir un peu plus autistes ou un peu plus patients pour l’accompagner ailleurs, mais n’est-ce pas là l’invitation faite par cet ouvrage ? Après tout, être autiste est sa normalité et il n’est pas moins prétentieux pour lui de nous enseigner à être autiste qu’il ne l’est pour nous de tenter de le faire entrer dans le moule. C’est en quelque sorte un voyage au sein de sa tribu, comme il le laisse entendre à travers les rencontres d’autres autistes en voyage…

Le titre est peut-être trompeur. Il ne s’agit pas tant d’une éloge que d’une collection, il ne s’adresse pas tant à ceux qui ne sont pas assez autistes qu’à tout le monde dans une candeur et une naïveté rafraîchissante. Loin de lui l’idée de nous prescrire une façon de voyager, sinon de nous décrire sa façon propre de remarquer les détails qui composent le monde. C’est une lecture légère. J’ai apprécié suffisamment l’ouvrage pour le recommander et qui sait esquisser un rêve… Amener Josef Schovanec à faire un jour de l’auto-stop ?

 

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