Autostoppeuses Fantastiques : Poule Hop la poule stoppeuse

Temps approximatif de lecture : 3 minutes

Je fais une veille médiatique depuis déjà six ans sur le thème de l’auto-stop. Lors de mon dernier blitz de travail, je suis tombée sur un projet déjanté qui a eu lieu cet été en Europe : une poule-stoppeuse !

Chaque année, des dizaines de jeunes Français se retrouvent sur les routes européennes pour faire de leurs vacances une expérience d’aventure à bas coût.  Et en France, on aime les contraintes un peu loufoques. Oui, on a vu des mecs faire des roadtrips à poil, déguisés ou sans argent, mais mis à part quelques chiens et quelques rats, rares sont les animaux-stoppeurs.

Dans un article de Sud-Ouest, j’ai découvert Poupoule, une volaille qui a fait un voyage extraordinaire sans trop perdre de plumes. Je n’ai pas hésité une seule seconde car voila bien une auto-stoppeuse fantastique ! Merci à Benjamin et PierreJulien pour leur minutieux travail de traduction cagnette-français.

 

Dans le tram à Prague
Dans le tram à Prague

1. Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.

Salut ! Moi c’est Poule Hop (Poupoule pour les intimes), j’ai un an et demi et un magnifique plumage blanc-beige parsemé de quelques taches noires sur les extrémités. Originaire d’une ferme de la région girondine, je suis devenue une poule auto-stoppeuse car j’en ai eu ras les plumes de ma vie monotone parmi les paons, canards et autres volatiles. Ma soif d’aventure m’a poussée à tout plaquer et à quitter mes copines de basse-cour afin de partir vers l’inconnu sur la route voir ce que le monde a à m’offrir. Peu de temps après mon départ, j’ai eu la chance de rencontrer mes deux papas que j’ai décidé de suivre en route pour la Hongrie.

2. Comment décrirais-tu ton style de voyage ?

Je voyage tranquillement, au jour le jour, en fonction de mes humeurs et des rencontres sans trop me poser de questions – car je suis une poule quand même, cot’ cot’. Je vais là où le vent me porte et ne me retrouve jamais seule car les gens sont étonnés de voir une poule hors de son poulailler. En somme, mon voyage est une grande bouffée d’air frais et de renouveau.

Sur la Grande Place de Bruxelles
Sur la Grande Place de Bruxelles

3. Tu es une poule-stoppeuse. Que penses-tu de l’auto-stop ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

L’auto-stop a été pour moi une nécessité car étant une poule, je n’ai pas de compte en banque et ne peux donc assumer le prix d’un tel voyage. Mais ça a aussi été une opportunité de faire de belles rencontres, d’échanger d’agréables conversations et d’en apprendre sur les cultures locales. J’ai même pu inculquer quelques valeurs poupoulistiques à certains de mes compagnons de voyage. L’auto-stop représente pour moi le moyen de transport le plus humain car il lie les aspects relationnels et pratiques. [NDLR : Il est quand même inhabituel qu’une poule veuille faire un voyage humain. Il ne m’est jamais arrivé de vouloir faire un voyage plus poulesque.]

Selfie chick !
Selfie chick !

4. Être une poule, en voyage, pour toi, ça change quoi ?

C’est un risque omniprésent, ne pouvant compter que sur mes papas pour me défendre des canidés qui veulent jouer avec moi mais qui me font plus peur qu’autre chose, malgré eux. Des milieux, températures, habitudes et horaires de vie… bien différents de ce que j’ai toujours connu à la ferme. Malgré tout cela, je reçois une attention inégalée et de nombreux sourires sont portés à mon égard partout où je me promène : plages, centres commerciaux, transports en commun, aires d’autoroute, monuments historiques, parcs… C’est la raison de mon voyage après tout : susciter l’étonnement et l’interaction.

Au festival Ozora
Au festival Ozora

5. Tu as fait un long voyage en auto-stop cet été, est-ce que tu peux nous dire quelques mots à son sujet ?

Ce voyage, c’est :

  • neuf pays (France, Italie, Slovénie, Autriche, Hongrie, République Tchèque, Allemagne, Pays-Bas, Belgique);
  • 5500 km;
  • une vingtaine d’arrêts;
  • 15 kg de crotte éparpillés un peu partout en Europe;
  • 2 festivals (Ozora et Sziget);
  • 3 oeufs;
  • 600 fans Facebook;
  • 2 articles de journal, un en slovène et un en français;
  • une connaissance culturelle autre que celle de ma basse-cour;
  • plein d’histoires à raconter et des souvenirs plein la tête pour cet hiver;
  • des centaines de bisous et de câlins de la part de mes tontons et tatas – j’ai même cédé quelques plumes à mes plus grands fans;
  • pleins de nouveaux amis, et tout ça en toute sérénité 🙂
Avec mes deux humains !
Avec mes deux humains !

6. Un conseil pour les poules voyageuses ?

N’ayez pas peur, ne réfléchissez pas trop, et soyez tranquilles : notre monde est rempli d’admirateurs de nos belles plumes.

– Poupoule 🙂

Retrouvez Poupoule sur Facebook – Poule Hop into the Wild et Instagram – @poulehop

chicken_run

3 Commentaires for “Autostoppeuses Fantastiques : Poule Hop la poule stoppeuse”

dit :

Une poule n’aura jamais fait autant de kilomètres de toute sa vie ;). Ceci dit, c’est plutôt une excellente idée de voyager accompagné d’une mascotte pour s’assurer une certaine visibilité sur le web.

dit :

Disons que j’ai trouvé ça original et rafraîchissant. Dans les dernières années, j’ai plutôt vu des voyages en costumes de carnaval (avec une bonne tendance raciste/appropriation culturelle). Il y a beaucoup de voyages faits avec des rats et des chiens, la poule devient un joyeux prétexte, avec un côté grotesque et rigolo 🙂

Marine

dit :

PJ, je me souviens de toi, enfant tellement original et doué !

Virginie m’a passé le lien de Cot-Cot : j’en suis estomaquée et admirative. Tu as pu constater que les poules ne sont pas idiotes dutout, contrairement à la légende. Ce sont nos éternelles petites victimes, c’est pourquoi nous nous évertuons à minimiser leur sensibilité et leur intelligence, comme pour les agneaux, veaux, ou cochonnets. Tu sais tout cela.

En tous cas ta poule devait être heureuse avec toi, car en fait elles sont à la fois résistantes et fragiles aux maladies.

Les vétérinaires s’y connaissent rarement. Je te fais une petite fiche de soins pour mémoire, afin de la garder en bonne santé :

1) Deux fois par an vermifuger au Polyvermil, à commander en pharmacie. 1 cachet dans le bec, et 1 à donner 10 jours après.. C’est très important pour les vers du jabot, qui bouffent leurs protéines, les amaigrissent et peuvent les tuer. (symptômes : le jabot est plein le matin, comme si elle avait mangé) Les autres vers ne sont pas non plus très bon pour elles, donc vermifuger est important. Pendant le mois qui suit, il vaut mieux ne pas consommer les oeufs, mais on peut leur faire en oeufs durs, elles adorent ça.

2) Traitement sans danger et indispensable pour les poux rouges. On ne les voit pas en journée, mais la nuit ils our ça dans les animaleries tu trouves saniterpem en poudre. C’est à saupoudrer dans le poulailler, et si tu vois en journée qu’elle en a sous l’aile, tu saupoudre un peu sous les ailes.

3) En cas de diarrhée ou de coryza (toux, éternuements), traiter à l’avemix N°150. C’est un antibiotique large spectre qui marche bien. Tu peux en demander à ton vétérinaire une pochette de 50 grammes (Avemix n° 150 chez Vétoquinol) ou lui demander de le commander. Ca se conserve bien. La dose est de 1 gramme par litre d’eau, pour l’eau de boisson. C’est environ une cuillère à café rase de poudre. Si elle est vraiment malade tu en saupoudre une demie cuillérée à café sur sa bouffe. Pas plus, pas de surdose. Tout ça pendant 5 jours, six maxi. Les pochettes de 50 grammes sont faites pour des doses d’élevage, donc tu peux l’utiliser plusieurs fois en repliant le pochon .

4) Si ça ne marche pas, Tu es bon pour les piqures dans le bréchet chez ton véto de campagne. Les vétos de ville n’y connaissent rien en général. J’ai appris à les faire moi-même. Demande à ton véto de bien te montrer où piquer, et de te préparer les doses suivantes dans des seringues.

5) En cas de troubles neurologiques, par exemple déséquilibre, tourne-en rond, c’est souvent du à un manque de vitamines, parfois à des parasites qui bouffent leurs vitamines B6 et B12. Il existe en animalerie des vitamines pour pigeons et poules en goutte. Une cuillérée à café pour un litre d’eau (pour les fioles en alu, mais ça dépend des marques) à donner pendant 8 jours deux fois par an.. Ne jamais dépasser la dose, c’est mortel, la survitaminose. Le flacon se conserve toujours au réfrigérateur.

6) Un problème que j’ai rencontré assez souvent avec les poules du voisin, dont je m’occupe, c’est la « malponte ». La seule chance c’est de s’en rendre compte vite, et de l’aider à pondre. Les poules ne pondent pas toute l’année. Selon leurs conditions de vie elles pondent un peu moins de 300 jours par an, à la moitié de l’année, question de lumière aussi. Mais il arrive qu’un oeuf se coince. Il suffit de tâter l’arrière train pour s’assurer que ce n’est pas le cas. Si le ventre est souple et qu’elle ne pond pas, ce n’est pas grave. La tienne n’a fait que trois eux durant son voyage. D’abord parce qu’elle était jeune, et ensuite parce que pour pondre la poule a besoin de s’isoler au calme.
Donc pour l’aider, c’est assez difficile. Mieux vaut consulter tout de suite si ton véto sait faire. Sinon on ne peut risquer de casser l’oeuf à l’intérieur, les éclats durcissent, c’est pire que tout. Donc les seuls conseils que j’ai trouvé sur le net, c’est de lui mettre des serviettes tièdes-chaudes sous l’arrière train, ou mieux une serviette humide sur une bouillotte. Si elle n’y arrive pas, un oeuf coincé finit mal. Elle ferme les yeux, ne mange plus, se déplace lentement et souffre. J’en ai fait euthanasier pour ça.

Bon, je te laisse, en espérant que ces recommandations d’expérience serviront tous les amis des poules, car j’ai moi-même beaucoup ramé pour dépasser l’ignorance des vétos d’animal domestiques. J’ai un véto de campagne qui fait fermes et ville, j’ai eu beaucoup de chance, ça a boosté mes maigres connaissances en la matière.

7) En option je te parlerais des accariens des pattes, qui soulèvent les écailles, et déforment les pattes. Ca vient plutôt dans les terrains humides, mais si tu vois les écailles se soulever, tu peux facilement traiter en enduisant les pattes durant huit jours avec soit un mélange huile de table et saniterpen, soit comme le font certains en badigeonnant au pétrole, mais comme c’est toxique et qu’elles lèchent leurs pattes, je préfère ma méthode. L’important c’est d’étouffer les accariens qui logent sous les écailles. Ensuite les écailles tomberont, une peau rose apparait, qui deviendra écaille. Laisser ces bestioles en place risque des plaies infectieuses qui saignent. Mais peut-être que Cot-Cot Poupoule n’a pas d’accariens

Voilà. On a fait à peu près le tour. Je te joins ci-dessous les mets toxiques à ne pas donner aux poules.

J’espère que ça servira aussi à ceux de tes amis qui ont des poules. J’ajoute qu’en appartement il ne faut pas oublier de leur donner du sable lavé ou des minuscules cailloux non tranchants, car elles ne digèrent que grâce à ces cailloux dans le gésier, sans quoi il n’y a pas de digestion, car elles n’ont pas comme nous un système de digestion par acidité de l’estomac. Et des coquilles d’huitre concassées qu’on trouve en animalerie, pour le calcium dont elles ont besoin pour faire leurs coquilles d’oeufs. Sans quoi elles pompent leurs propres ressources en calcium dans leurs os.

Je t’embrasse, Pierre-Julien, et bravo pour ce que tu as fait, étrange voyageur !

Marine

8) Alimentation :Meme si les animaux savent souvent d’instinct ce qui est bon et mauvais pour eux, je te fais un copier-collé d’une fiche des aliments toxiques, voire mortels comme l’avocat pour les poules. Tomates et pois ne sont pas recommandés, ils crachent leur cyanure dans l’estomac des poules

Les poules sont omnivores, mais certaines denrées ne sont pas recommandées pour leur santé. En effet, si elles les consomment, elles risquent une indisposition ou une intoxication plus ou moins sévère, suivant le type de molécule et la quantité ingérée.

La liste qui suit vous permettra de ne pas mettre leur santé en danger :

agrumes
alcool
avocat (toxique et mortel)
cacahuètes
café
céleri
chocolat (toxique et potentiellement mortel)
choux (surtout les feuilles, à fortes doses ou lorsqu’elles se dégradent)
feuilles d’aubergine
feuilles de poireaux
feuilles de poivrons
feuilles de pommes de terre (toxiques)
friture
graines de fleurs (par précaution mieux vaut les éviter, car certaines sont toxiques, comme les ipomées, pois de senteur et graines de solanacées notamment)
haricots secs (car ils renferment un insecticide naturel, la phytohémagglutinine, qui disparaît lorsqu’ils sont germés ou cuits)
nourriture de fast-food (ce type d’aliment est trop gras, trop salé, trop sucré, trop riche)
pépins et noyaux de fruits (tous renferment du cyanure, ce qui à fortes doses, peut influer sur la santé des volailles)
nourriture avariée, qu’elle soit périmée ou moisie
oignons (leur peau renferme une toxine appelée thiosulfate, qui détruit les globules rouges et peut causer des troubles digestifs, voire en cas de consommation excessive une anémie, une jaunisse ou la mort)
plats cuisinés très salé et/ou très épicés
pommes de terre crues, leurs germes et leur peau (provoquent des troubles digestifs)
rhubarbe
sel
sucre
tabac
thé
tomates vertes
trognons de choux
viande crue (risque de maladie).
Souvent, les poules savent plus ou moins par instinct éviter ce qui est nocif pour elles, mais cela n’est pas une règle absolue, aussi faut-il veiller par précaution à ne pas leur servir les aliments de cette liste, surtout si elles n’ont pas accès à un vaste parcours verdoyant.

Laisser un commentaire