J’ai toujours un préservatif sur moi quand je fais de l’auto-stop

Temps approximatif de lecture : 5 minutes

Avertissement/Trigger warning : Discussions sur le viol et ses conséquences.

Je fais de l’auto-stop depuis longtemps – plus de 17 ans.

Des kilomètres, j’en ai cent cinquante mille au compteur, en Europe, en Turquie et en Amérique du Nord. Les sept premières années se sont passées sans encombre, à part peut-être deux conducteurs sous l’influence de l’alcool, et quelques propositions indécentes. Rien de bien choquant, quand on en a l’habitude. Les serveuses des bars ont droit à pire dans leur quotidien.

En 2007, un événement a marqué un tournant dans ma vie de voyageuse nomade : mon kidnapping. En faisant du stop près de Cologne en Allemagne, j’ai été prise par un homme qui m’a amenée de l’autre côté de la ville, prétendant devoir déposer des pneus à Essen pour un ami. Après l’avoir d’abord attendu le temps qu’il récupère des clés, puis l’avoir suivi dans un garage, j’ai réagi très rapidement et fermement à sa proposition sexuelle. J’ai été très claire, en dépit de l’absence d’une langue commune, suffisamment pour qu’il abandonne son projet d’agression.  Heureusement, je n’ai pas été blessée, ni violée, à peine séquestrée. C’est au moment de sortir du garage que j’ai réalisé qu’il avait verrouillé la porte, qu’il avait eu des intentions sexuelles dès le début. J’ai paniqué, et j’ai fini par repartir en train vers Dortmund, histoire de prendre le temps de me calmer et d’analyser l’incident en profondeur.

 

Source: Flickr - Carl Jones
Source: Flickr – Carl Jones

Après tout, je prenais des risques, c’était sans doute de l’inconscience. Ça aurait pu m’arriver avant, et qu’est-ce que j’allais faire en bord de route comme ça ?

Ce jour-là, j’ai remis en question tous mes choix de vie. Rien ne s’est pas passé comme je l’aurais imaginé. Je n’ai pas réagi comme j’aurais cru pouvoir réagir.  Mes préjugés sur les agressions d’auto-stoppeuses ont volé en éclats. Quelques heures à peine après mon arrivée à destination, j’ai raconté mon histoire sur un forum de voyage au féminin, et j’y ai reçu bien peu de compassion. Après tout, je prenais des risques, c’était sans doute de l’inconscience. Ça aurait pu m’arriver avant, et qu’est-ce que j’allais faire en bord de route comme ça ? Je me sentais comme une conductrice au lendemain d’un accident de voiture, à devoir choisir de reprendre le volant ou non.

Mais en dépit du blâme que l’on m’a simplement fait porter, j’ai pris le temps d’analyser ce qui s’était passé, de tenter d’en tirer des apprentissages. Depuis mon kidnapping, je dis souvent que mon « bullshit-o-mètre » est réglé plus finement, ce qui veut dire que je suis généralement plus alerte et que je tolère moins que l’on me fasse sentir inconfortable. J’ai repris la route.

Source : M Huy photography
Source : M Huy photography

Quand deux ans plus tard j’ai décidé de devenir une spécialiste de l’auto-stop, j’ai épluché tous les sites Internet touchant le sujet, les cataloguant et prenant des notes : les meilleurs conseils, les faits historiques, les récits, les anecdotes. J’ai lu tous les articles de journaux scientifiques criminologiques, sociologiques et géographiques que j’ai pu trouver sur le sujet. J’ai cherché à comprendre le phénomène d’un point de vue théorique après en avoir fait l’expérience pratique toutes ces années. J’ai conclu que la meilleure façon de minimiser les risques, c’était de bien les connaître et de minimiser ceux sur lesquels on a un certain contrôle.

J’ai eu vent de quelques agressions d’hommes et de femmes via la veille médiatique que je réalise depuis toutes ces années. Des histoires de viol en auto-stop, j’en connais cinq : une copine à moi, et puis d’autres récits de filles qui se sont confiées à moi à cause de mes conférences et de mon blog.

Deux d’entre elles ont convaincu leur agresseur de mettre un préservatif. Pour dire vrai, après le premier récit, j’étais dubitative. Ma copine parlait de ce détail très symboliquement, comme si le fait d’avoir pu ajouter cette ultime barrière entre elle et l’agresseur l’avait rendue « moins violée ».

Source : Flickr - Valeri Pizhanski
Source : Flickr – Valeri Pizhanski

Le détail me semblait intéressant, mais somme toute anecdotique. Mais au deuxième récit, je l’ai pris très au sérieux. A-t-on des statistiques sur le sujet ? Je n’en ai pas trouvé, mais je ne suis pas experte en agressions sexuelles. Ce que je sais, c’est que celles-ci ne se déroulent généralement pas comme on les imagine, et que d’écouter et lire des récits de personnes agressées est ma meilleure façon d’en apprendre plus long sur le déroulement des agressions sexuelles, spécifiquement en stop. Et ce qui m’intéresse le plus, ce sont les filles qui les vivent, pourquoi elles continuent à faire du stop (ou pas), comment elles interprètent ce qu’elles ont vécu, comment elles survivent et passent outre.

Depuis ce temps, ces filles ont repris la route, ayant toujours un préservatif en poche. Après mûre réflexion, j’ai décidé de faire pareil.

Source : Flickr - Paul Keller
Source : Flickr – Paul Keller

Je me suis souvent demandé comment je pourrais réagir dans le cas d’une agression. C’est d’ailleurs l’étape la plus importante d’une démarche de self-défense : la préparation mentale. Si je me faisais agresser, quelles seraient les choses les plus importantes pour moi ? Mes priorités seraient de survivre, de minimiser les dommages permanents, de protéger mon intégrité physique et de m’enfuir.

Je suis arrivée à la conclusion que je me remettrais sans doute d’un viol, et que je voulais éviter à tout prix d’être tuée, de contracter le VIH ou d’être blessée sérieusement. Je ne suis pas prête à mourir pour sauver l’intégrité de mon sexe – je suis plutôt prête à collaborer avec mon violeur si ça peut augmenter mes chances de survie, dans le cas où ma vie est en danger. Je survivrais à un viol… Pas à un meurtre !

Source : Flickr - Shane Gorski
Source : Flickr – Shane Gorski

Je survivrais à ceux qui diront que j’ai mérité mon viol parce que je faisais du stop, à ceux qui diront que je le désirais secrètement ou que j’ai aimé ça parce que j’ai collaboré avec mon agresseur. J’y survivrais, j’y suis même préparée. Dans mon entourage, c’est une femme sur cinq environ qui a été agressée sexuellement avant ses trente ans. Ça n’est pas une destinée féminine inévitable, mais les statistiques sont suffisamment élevées pour être considérées sérieusement.

On fait des exercices d’évacuation incendie, alors pourquoi ne pas se préparer sérieusement à la possibilité du viol ? Je n’ai pas peur de parler du pire. Dans ma carrière précédente, je préparais des plans d’urgence, des analyses de risques, des exercices d’évacuation-incendie. Parler des risques ne porte pas malheur, au contraire. Parler du pire permet de s’y préparer.

C’est pour cela que moi aussi, maintenant, je fais du stop avec un préservatif dans mes bagages, en prévision du pire, quitte à perdre des preuves du viol, quitte à ne pas avoir assez d’ADN pour faire condamner mon agresseur. Combien de violeurs sont condamnés devant la justice, de toute manière ?

Je n’ai aucune honte à donner ce conseil à d’autres auto-stoppeuses, car moi-même je l’applique : gardez un préservatif avec vous, à portée de main. Ça ne vous empêchera pas de vous faire violer, mais ça pourrait au moins réduire certains risques.


Petites notes en vrac

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39 Commentaires for “J’ai toujours un préservatif sur moi quand je fais de l’auto-stop”

Tommy

dit :

I think if I believed that my chances of being sexually assaulted were large enough to merit bringing a condom for that purpose, it would take away my will to hitchhike. And to have a round shape in my wallet or pocket to forever remind me of that fact would serve to make me feel more paranoid and make the experience of hitchhiking even less pleasant.

That said, I imagine my chances of being sexually assaulted (successfully or not) are probably rather small in comparison to those without a Y chromosome.

dit :

I don’t exactly feel paranoid when I hitchhike. In terms of preventive measures, this could be compared to wearing an helmet when cycling/skiing/rock climbing – it’s a preventive harm-reducing behaviour, but it doesn’t impact the source of danger. Only, I find that people are generally willing to take much more risks when the danger is not from a human source…

dit :

Ah ben ça me fait penser à la discussion chez Voyage-Yukon : faire de l’auto-stop peut-il être vu comme du racolage passif ? A en croire ton forum de voyage au féminin, j’imagine que oui…

dit :

La rue (et les routes) sont un théâtre où de nombreuses transactions s’opèrent. Quand je fais du stop, je suis parfois approchée par des conducteurs qui tentent de négocier un prix, et je croise aussi ces femmes qui arpentent les parkings pour vendre leurs charmes. Le cliché sexiste de l’auto-stoppeuse sexy renforce cette confusion auto-stoppeuse / auto-stoppute qui s’opère parfois. Rien qui ne justifiera jamais l’agression sexuelle, ni de l’une, ni de l’autre ! Quant au racolage passif, concept qui n’existe pas au Québec, ça me semble aberrant…

Lili

dit :

En te lisant , je me suis dit que tu es courageuse , j’aurais jamais fait de stop , mais j’avais des copines qui ce deplaçaient que comme ça ! Pour ce qui est du preservatif c’est une bonne idée deja le mec qui veu te violé ça va le pertubé je pense ,il va perdre un peu de ses moyens .. lol ….Fait attention a toi quand meme , j’ai une fille et je me ferais du soucie si elle ce deplaçais comme ça , mais bon parfois on ce fait agressée en voiture , en marchant dans la rue ( oui ca existe )une main qui te touche , chez toi aussi rien m’arrete les dingues ……. je te souhaite pleins de belles choses
Une mamy …. Lili

dit :

Je comprends la peur, mais je ne veux pas vivre avec elle qui me consume. Une peur qui ne m’apprend rien, je m’aide à rien, je n’en veux pas. Je ne veux pas vivre dans la peur de ce sur quoi je n’ai aucun contrôle.

dit :

Excellent article. Ayant fait beaucoup de stop, je pense qu’en plus de protéger des MST et d’une grossesse indésirable, le préservatif peut aider à « décourager » l’agresseur.
Pour moi, le meilleur ami de l’auto-stoppeuse est l’intuition et la pratique. Ne jamais monter dans la voiture de quelqu’un que l’on ne « sent » pas, même si on est pressée, même si la nuit tombe ou toute autre raison du même acabit. Chaque fois que j’ai dérogé à ces règles, j’ai dû affronter de petits problèmes. Et non, une auto-stoppeuse n’est pas une nymphomane ou ne provoque pas les hommes.

dit :

Je comprends très bien la démarche de tout faire pour minimiser les risques et je ne remets absolument pas en cause les témoignages que tu évoques. Mais concrètement comment est-ce qu’on fait pour dire à son agresseur « Attends, arrête de me coller des mandales 2 secondes steuplé : je t’ouvre une capote avant que tu ne te remettes à me fourer. » (Ouais, un viol c’est pas poétique). Sans doute que cela doit être parfois possible mais j’ai du mal à imaginer comment les choses peuvent s’enchaîner de façon à donner l’opportunité à l’agressé(e) de convaincre son agresseur. Je ne te demande pas de révéler ici les détails des histoires de ces deux filles, mais oui, clairement une préparation mentale peut être utile. Et pas qu’aux auto-stoppeuses.

dit :

Je ne le sais que pour l’une des histoires où la fille a été carrément séquestrée. Elle savait ce qui s’en venait, et s’est mise à lui dire qu’elle avait une MST et qu’il serait retrouvé si il ne mettait pas de préservatif. Elle n’a pas eu à insister longtemps.

dit :

Salut Aude ! C’est une deuxième Aude 🙂
je me permet de répondre à ton commentaire. Il y a un nombre incalculable de viols qui se font sans coups, sans menaces de te frapper etc… Donc oui, tu peux tout à fait négocier avec un violeur.
ça va de l’agresseur en pleine rue au viol conjugal. Je pense que dans le cas de l’auto-stop, c’est pareil, Anick-Marie le montre bien : son agresseur à elle avait prévu qu’il y aurait du sexe, mais n’a pas été jusqu’au viol. S’il été passé à ce stade, il est peut-être exactement le genre de personne avec qui tu peux négocier. 🙂

dit :

C’est clair que j’imagine bizarrement la situation d’offrir au violeur de mettre un contraceptif, mais qui tente rien n’a rien non plus. Au moins, s’il accepte pour annuler les risques d’être retrouvé par la suite c’est déjà ça de gagné!

dit :

Disons que j’ai été d’abord surprise, mais dans les deux cas où elles l’ont demandé, elles l’ont eu, sachant que ça n’est pas forcément toujours possible même de demander comme certains récits me l’ont prouvé. Disons que ça vallait le coup d’y réfléchir…

dit :

Super article !
j’ai trouvé le passage sur le fait que tu y survivrais probablement très touchant, surtout vis à vis des regards accusateurs que tu reçois (je fais du stop, je chercher la merde donc je la mérite)
c’est l’éternel problème, une femme est tacitement responsable d’avoir excité l’agresseur, éternelle culpabilité sur les épaules des agressées.
il y a autant de viols que de violeurs, et ce que tu dis sur une possible négociation est très juste.

dit :

« il y a autant de viols que de violeurs »

Ça c’est bien dit, je le retiendrai.

Pour ce qui est du traitement social du viol, c’est un sujet dur, mais il faut à mon avis l’explorer. Je pars bientôt interviewer l’une des filles qui a témoigné pour moi, elle a refait du stop seule après une agression absolument horrible, elle nous donnera sans doute quelques pistes de son processus pour nous amener à y réfléchir…

dit :

Ah oui, article très intéressant. D’ailleurs, je me dis que ça peut être généralisé, finalement c’est sans doute mieux de toujours avoir un préservatif sur soi, car on peut se faire violer dans d’autres situations, pas uniquement en auto-stop. Et puis dans le meilleur des cas, ça peut servir en cas de consentement mutuel. J’avoue que j’avais pas pensé au coup de la MST, dire au mec qu’on a le sida peut peut-être le dissuader (encore faut-il qu’il nous croit). En tout cas, tu as raison, le fait de se préparer au pire peut probablement aider à l’éviter.

dit :

Bien sûr ! En voyage d’autant plus je dirais car l’on y vit des transformations particulières, des éveils et des bouleversements qui peuvent nous amener dans des lieux inimaginables de nos émotions et de nos valeurs.

Et je crois que la préparation à la possibilité du viol est une chose qui bénéficierait à tous. Le fait de parler d’un problème social en société, c’est un peu comme la première phase de la sortie d la dépendance : reconnaître qu’il y a un problème !

dit :

Ouah, les femmes et notre esprit d’adaptabilité. Aucune compassion de la gente féminine? Certainement des femmes qui ne voyagent pas, qui ne prennent pas de risque, qui ne vont pas voir la vie là où elle est intéressante. Tellement de choses vraies dans ton article, globestoppeuse, c’en est bouleversant.

dit :

J’avais un peu identifié et exploré le phénomène du victim blaming suite à mon kidnapping.

Je pense que psychologiquement, on le fait pour se rassurer soi-même : ça ne m’arrivera pas car je présente des différences avec cette personne, je n’ai pas ses comportements, je ne prends pas les risques qu’elle prend. On se rassure en se distinguant de l’autre, en tentant d’identifier ce qui a fait qu’elle a vécu ça, et que nous, on l’espère, on ne le vivra jamais.

C’est avant tout un mécanisme de défense de l’un qui a malheureusement pour effet de victimiser l’autre.

dit :

Comme Emily je dirais qu’il faut généraliser et en avoir toujours un sur soi.
Merci pour cet article qui mène à la réflexion et qui me pousse à réfléchir à ce que je ferais dans certaines situations.

Lenne Anne-Elise

dit :

Rares sont celles qui vont au fond de la reflexion sur le viol et qui ont le courage d’en parler. Je trouve ça très sain, bravo.
Prendre l’habitude de préparer un préservatif quand on fait du stop me parait une très bonne habitude à prendre, j’y penserai pour moi. Mais comme certains commentaires l’ont évoqué, penser à dire « crois-moi ou pas, j’ai le sida » me parait le Réflexe Suprême à avoir en cas d’agression. Parce qu’il peut convaincre de mettre un préservatif, voire même décourager le viol. Ca me parait crucial d’insister sur ce reflexe, avant même le reflexe préservatif, car mieux vaut prévenir que guérir 🙂

dit :

Merci pour cette opinion. Je la rejoint assez, c’est un peu ce que je veux dire par préparation mentale. Imaginer ce qu’on ferait si… C’est assez déstabilisant de le faire, mais loin de nous rendre parano, ça commence à nous permettre de voir des issues à une situation quasi-inimaginable.

dit :

Perso, je n’en ressens pas le besoin et j’aime garder cette naïveté des premières fois : faire confiance au monde, il n’y a rien de plus beau. Pour autant, je te comprends, il m’est aussi arrivé quelques loupés, pas bien graves mais qui m’ont tout de même poussée à réflechir. Dans tous les cas, faire ce qu’il faut pour se sentir à l’aise est sûrement le meilleur des conseils à donner. Bonne route 🙂

dit :

En lisant le titre je m’attendais à un article léger… Finalement, au fur et à mesure des mots, je me suis rendue compte à quel point cet article était grave, lourd, sensible. Quand on fait du stop on est encore plus vulnérable, on donne sa confiance à la personne qui accepte de nous prendre. Avoir un préservatif au cas où la personne soit malintentionnée ça réduit cette confiance en autrui. Je suis bouleversée par ton article qui donne à réfléchir. Insouciance et naïveté ou méfiance et repli sur soi ?

dit :

Les réactions sur le forum ne me surprennent pas mais me choquent. Comment se fait-il qu’il y ait encore des gens pour penser de la sorte à notre époque. En tout cas, je pense que, comme tu le dis, ce petit objet pourra au moins permettre de minimiser les dégâts, en espérant que tu n’ais jamais besoin de l’utiliser.

Continue à faire ce que tu aimes et tu t’en fous des c.. qui jugent derrière leur écran d’ordi.

dit :

Même réaction que beaucoup : merci pour cette incitation à la réflexion. Je voyage en stop depuis longtemps et je ne me posais la question du préservatif que concernant une possible rencontre romantique… Je vais l’ajouter aussitôt sur ma checklist de l’été !

dit :

Tu dois être une fille bien forte mentalement pour parvenir à reprendre le chemin de l’auto-stop après ton vécu.

Malgré le fait d’être un garçon, je n’ai jamais osé faire du stop suite au mythe du danger de l’inconnu.

Annie

dit :

Globestoppeuse,

Ton article est très intéressant mais la manière dont tu parles du viol est fastidieuse et alarmante.

Je m’explique: autant c’est une bonne mentalité que d’anticiper les situations risqueées et de réfléchir aux actions nécessaires pour s’en sortir, autant en te lisant on a la désagréable impression que le viol est une chose presque inévitable qu’il faudrait taire ou minimiser, ou pire que nous les femmes voyageant seules devrions nous résigner à cette éventualité.

Je n’écris pas cela pour te juger mais pour faire réagir toi et tes lectrices: comment espérer combattre ces comportements abjects lorsqu’on en parle avec autant de fatalisme?

A mon sens, par la simple recommandation de porter sur soi un préservatif pour tenter de raisonner un potentiel violeur, tu véhicules le message périlleux que « de toute façon la possibilité de viol est tellement haute qu’on pourrait presque s’y résigner » Offrir un préservatif à son violeur, ce serait l’ultime aveu de notre impuissance et ça pourrait lui faire croire que ses actions seront impunies, normales voire légitimes – ce qui est aberrant!!!
Horreur malheur, tu dis en plus « quitte à perdre des preuves du viol, quitte à ne pas avoir assez d’ADN pour faire condamner mon agresseur. Combien de violeurs sont condamnés devant la justice, de toute manière ? »
Alors c’est parce que le viol est fréquent et que la majorité des victimes se taisent (hélas!) qu’on ne doit pas dénoncer ces gens avec fermeté et commencer à inverser l’omerta ambiante sur cet horrible sujet??

Bien sûr je comprends ton argument de privilégier votre survie et votre santé (s’il en reste après un tel acte…!).
Cependant, chère Globetrotteuse, un peu plus de réactivité et de sensibilisation contre ce fléau serait la bienvenue: faisons-nous respecter!

Cantinieau Laurent

dit :

Cher madame, je suis le premier a comprendre votre position, mais d’un point de vue réaliste, l’article de l’auteure est mille fois plus utile que votre vision idéalisée.

Je suis tout a fait d’accord avec votre argumentation, totalement d’accord avec votre conclusion.

Mais prenez le temps de réflexion, et pesez l’utilité de votre position face a l’utilité du conseil prodigué. Vous comprendrez très vite que votre approche est un peu sotte.

Désolé, de la fermeté de mon propos, étant moi même un fervent défenseur du droit des femmes a vivre librement, croyez bien que je suis de votre coté. Mais on ne progresse pas dans la peur, et on ne fait pas face à la réalité avec des concepts.

Bravo a l’auteure, je pense que vous pouvez aider beaucoup de femmes a faire face.

dit :

Bonjour
Ton article me rappelle mes jeunes années. J’ai aujourd’hui 47 ans. Dans ma vingtaine j’ai fait énormément de stop. Beaucoup de petites distances. J’ai eu au moins 10 fois des propositions plus embarrassante.
Ce qui est drole, c’est que l’on développe un sixième sens. A peine embarqué dans une voiture, il ne faut pas plus de quelques secondes pour voir l’embrouille arriver.
J’imagine que les choses ne sont pas arrangées depuis.
Cordialement, Roger

dit :

bonjour,
sujet ineterressant
je suis en train d ecrire un scenario d un court metrage que je voudrais realiser en aout prochain sur deux personnes se rencontrant sur la route en faisant de l auto stop, un peu comme amblin , le court metrage de steven spielberg.
si le sujet vous interesse ce serait super sympa de me faire profiter de vos idées.
merci par avance
fabricevosgien@yahoo.fr

Alexandra

dit :

Pourquoi avoir choisi de toujours garder un préservatif sur soi au lieu d’un couteau ? il vait mieux laisser se faire violer plutôt que d’empêcher l’autre de nous violer en le tuant ? Ça fait tout autant parti des risques de se faire aggresser en auto-stop que de se faire tuer en essayant de violer quelqu’un.

dit :

Bonjour Alexandra,

La problématique de l’arme mérite d’être explorée et mûrement réfléchie avant de partir en voyage. Elle présente malheureusement de nombreux risques que j’ai détaillés dans le chapitre « Sécurité pour tous » de la Bible du Grand Voyageur. Suis-je prête à m’en servir ? Risque-t-elle de se retourner contre-moi ? Vais-je causer un accident de voiture mortel en l’utilisant au mauvais moment ?

Le voyage avec une arme est un tout autre sujet et j’ai choisi de ne pas le couvrir dans cet article. Pour ma part, je suis beaucoup plus à l’aise avec l’utilisation d’armes d’opportunité avec un peu d’entraînement préalable (cours de self-défense et surtout, préparation mentale intense).

Est-ce que tu as déjà utilisé une arme en voyage ? Si oui, est-ce que tu voudrais nous témoigner de comment ça s’est passé ?

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