Nous interrompons ce silence pour faire une annonce importante
Je suis en France !
Eh oui, j'ai un chez-moi ici, je suis déménagée. Où ça ? À Challes-les-Eaux, près de Chambéry. J'y fais quoi ? J'attends mon vélo solaire. J'y reste longtemps ? Oh oui, jusqu'au 1er juin sans doute... Après, je déménage à Aix-les-Bains. À partir de maintenant, je déménage tout le temps.
J'ai deux sacs. Celui qui reste au camp de base et celui qui m'accompagne...
Pour respecter la tradition, j'ai remis mon carnet de route dans la colonne de droite du blog. Son fonctionnement est simple : s'il y a un lieu d'écrit comme événement, c'est l'endroit où je compte dormir ce soir là. J'ajoute également les événements locaux auxquels je prévois prendre part. Bien sûr, d'ici le début septembre, toute mon énergie est consacrée au SunTrip. Vous trouverez d'ailleurs sur leur site une carte me positionnant en temps réel au moyen d'une balise GPS. High tech non ?
![]() |
| On bricole et on solarise chez Ludotechnologie |
En attendant, j'ai reçu un interview de dernière minute - des autostoppeuses fantastiques (il y en a beaucoup, vous savez) ! Voici dont une joyeuse paire qui partira un mois après moi, le 15 juillet qui vient ! Sans plus tarder, les P'tites Poucettes !
Qui êtes vous ? Présentez-vous en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.
Aurélie et Sandra, parisiennes, trentenaires - aventurières aguerries reconverties dans le domaine de la culture (Aurélie est responsable de la communication d'une maison d'édition et Sandra est auteur-photographe).Affinités évidentes et complicité immédiate, lorsque nos routes se croisent à l'occasion d'un salon du livre. Il n'en fallait pas plus pour que le virus de l'ailleurs ne nous rattrape - nous avions, chacune de notre côté, pas mal bourlingué (Aurélie a travaillé pour des associations en Asie du sud-est et Sandra, après un an passé aux Philippines, a réalisé le Tour du monde en 81 femmes.
Bientôt un défi lancé, et relevé aussitôt : ainsi naissent les P'tites Poucettes ! Nous choisissons ce nom clin d'oeil au pouce, notre carburant d'autostoppeuses, mais aussi au célèbre conte de Perrault, Le Petit Poucet, puisque, comme lui, nous semons des pierres dans chaque voiture, pour retrouver notre chemin et symboliser la pierre apportée par chaque véhicule à l'édifice de notre destination.
Après un premier périple qui nous mené jusqu'à Istanbul au terme d'un itinéraire de 3500 kilomètres parcourus en 28 jours, nous reprenons la route cet été avec pour destination Odessa. Départ prévu le 15 juillet, il nous tarde d'y être !
Comment décririez vous votre style de voyage ?
Avant tout fait de rencontres ! Plus que les lieux que nous traversons, ce sont les gens que nous croisons qui lui procure l'essentiel de sa saveur. En outre, nous laissons la part belle au hasard, qui souvent fait bien les choses. Le trajet, toujours fluctuant, se trace au gré des opportunités, et l'impromptu en guide les étapes. Attentives aux recommandations des vacanciers et autochtones, nous faisons volontiers un détour, ou une halte improvisée suivant leurs conseils.Et puis, comme les adultes pas trop sérieuses que nous sommes, nous considérons le voyage et la rencontre comme un jeu. Dans chacun des véhicules où nous embarquons, nous transportons la part de légèreté qui nous est chère. Une chanson, des dessins et des rires en pagaille.
Que pensez-vous de l'auto-stop comme mode de transport ?
Inépuisable vivier de rencontres, le stop favorise les échanges avec la population et procure une approche vivante et humaine du voyage.De toutes nationalités, tous âges, tous horizons, issus de milieux variés et exerçant les professions les plus diverses, nos conducteurs ont tous en commun d’être motivés par des valeurs de solidarité, d’altérité et enclins au dialogue. Pour nous, il s'agit incontestablement de la meilleure façon de partir à la découverte d'une région, de sa culture et ses habitants. On ne découvre pas les pays par le tourisme (exit les plages de sable blancs, les transats et les siestes au bord de la piscine) mais par les gens qui y vivent (et les aires d'autoroute, stations péages et autres routes nationales - la vraie vie en somme).
Être des femmes, ça change quoi ?
En réalité, notre duo féminin est plutôt un avantage car notre présence – insolite - suscite la curiosité, interpelle et facilite les interactions. De plus, il a le privilège d’inspirer confiance, puisque l'on nous considère inoffensives par nature ! Ainsi nous voyageons autant avec des hommes seuls, des femmes, des couples, des personnes âgées, des hommes d'affaires, des chauffeurs routiers ou des paysans. Être des femmes permet une plus grande diversité des rencontres.
[NDLR : Je rencontre parfois des femmes seules en stop, mais environ deux fois moins que les hommes. L'an dernier, j'ai croisé 2 femmes seules sur 8000 km en tant que pouceuse, puis 2 sur 9000 km en tant que conductrice. On en voit plus en haute saison.]
Un conseil pour les femmes voyageuses ?
Vigilance, diplomatie et bon sens ! Nous ne nous fions qu'à notre instinct. Après concertation, si un véhicule inspire à l'une de nous un « mauvais pressentiment », nous déclinons aimablement l'offre de son conducteur (cela n'arrive que très rarement...).L'unique règle que nous nous sommes fixée et avec laquelle nous ne transigeons en aucun cas, est de cesser de circuler une fois la nuit tombée !
Et si par prudence, nous sommes « armées », d'une bombe lacrymogène à portée de mains, nous n'avons jamais eu - ni même pensé un instant - à nous en servir (à tel point que nous ne savons pas même si elle fonctionne...) !
[NDLR : une voiture est un espace clos ! Pour le stop, si vous tenez à avoir une arme de self-défense, pensez aux produits en mousse, que ce soit au poivre de Cayenne ou la mousse d'encre]
Pouvez vous me dire quelques mots au sujet de votre blog ?
Que pensez-vous des petites poucettes ?



















