samedi 25 mai 2013

Autostoppeuses fantastiques : Les P'tites Poucettes

Nous interrompons ce silence pour faire une annonce importante 

Je suis en France ! 

Eh oui, j'ai un chez-moi ici, je suis déménagée. Où ça ? À Challes-les-Eaux, près de Chambéry. J'y fais quoi ? J'attends mon vélo solaire. J'y reste longtemps ? Oh oui, jusqu'au 1er juin sans doute... Après, je déménage à Aix-les-Bains. À partir de maintenant, je déménage tout le temps.

J'ai deux sacs. Celui qui reste au camp de base et celui qui m'accompagne...

Pour respecter la tradition, j'ai remis mon carnet de route dans la colonne de droite du blog. Son fonctionnement est simple : s'il y a un lieu d'écrit comme événement, c'est l'endroit où je compte dormir ce soir là. J'ajoute également les événements locaux auxquels je prévois prendre part. Bien sûr, d'ici le début septembre, toute mon énergie est consacrée au SunTrip. Vous trouverez d'ailleurs sur leur site une carte me positionnant en temps réel au moyen d'une balise GPS. High tech non ?

On bricole et on solarise chez Ludotechnologie

En attendant, j'ai reçu un interview de dernière minute - des autostoppeuses fantastiques (il y en a beaucoup, vous savez) ! Voici dont une joyeuse paire qui partira un mois après moi, le 15 juillet qui vient ! Sans plus tarder, les P'tites Poucettes !

Qui êtes vous ? Présentez-vous en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.

Aurélie et Sandra, parisiennes, trentenaires - aventurières aguerries reconverties dans le domaine de la culture (Aurélie est responsable de la communication d'une maison d'édition et Sandra est auteur-photographe).

Affinités évidentes et complicité immédiate, lorsque nos routes se croisent à l'occasion d'un salon du livre. Il n'en fallait pas plus pour que le virus de l'ailleurs ne nous rattrape - nous avions, chacune de notre côté, pas mal bourlingué (Aurélie a travaillé pour des associations en Asie du sud-est et Sandra, après un an passé aux Philippines, a réalisé le Tour du monde en 81 femmes.

Bientôt un défi lancé, et relevé aussitôt : ainsi naissent les P'tites Poucettes ! Nous choisissons ce nom clin d'oeil au pouce, notre carburant d'autostoppeuses, mais aussi au célèbre conte de Perrault, Le Petit Poucet, puisque, comme lui, nous semons des pierres dans chaque voiture, pour retrouver notre chemin et symboliser la pierre apportée par chaque véhicule à l'édifice de notre destination.
Après un premier périple qui nous mené jusqu'à Istanbul au terme d'un itinéraire de 3500 kilomètres parcourus en 28 jours, nous reprenons la route cet été avec pour destination Odessa. Départ prévu le 15 juillet, il nous tarde d'y être !

Comment décririez vous votre style de voyage ?

Avant tout fait de rencontres ! Plus que les lieux que nous traversons, ce sont les gens que nous croisons qui lui procure l'essentiel de sa saveur. En outre, nous laissons la part belle au hasard, qui souvent fait bien les choses. Le trajet, toujours fluctuant, se trace au gré des opportunités, et l'impromptu en guide les étapes. Attentives aux recommandations des vacanciers et autochtones, nous faisons volontiers un détour, ou une halte improvisée suivant leurs conseils.

Et puis, comme les adultes pas trop sérieuses que nous sommes, nous considérons le voyage et la rencontre comme un jeu. Dans chacun des véhicules où nous embarquons, nous transportons la part de légèreté qui nous est chère. Une chanson, des dessins et des rires en pagaille.


Que pensez-vous de l'auto-stop comme mode de transport ?

Inépuisable vivier de rencontres, le stop favorise les échanges avec la population et procure une approche vivante et humaine du voyage.

De toutes nationalités, tous âges, tous horizons, issus de milieux variés et exerçant les professions les plus diverses, nos conducteurs ont tous en commun d’être motivés par des valeurs de solidarité, d’altérité et enclins au dialogue. Pour nous, il s'agit incontestablement de la meilleure façon de partir à la découverte d'une région, de sa culture et ses habitants. On ne découvre pas les pays par le tourisme (exit les plages de sable blancs, les transats et les siestes au bord de la piscine) mais par les gens qui y vivent (et les aires d'autoroute, stations péages et autres routes nationales - la vraie vie en somme).

Être des femmes, ça change quoi ?

Il paraît que 95% des autostoppeurs sont des hommes. De fait nous n'avons pas croisé l'ombre d'une auto-stoppeuse, à l'exception de celles qui voyagent en couple.... Les préjugés relatifs à la sécurité ont la dent dure et il y a encore beaucoup d'appréhensions. On ne cesse d'ailleurs de nous mettre en garde des "dangers" qui nous guettent... Et de nous sermonner pour notre « inconscience »...

En réalité, notre duo féminin est plutôt un avantage car notre présence – insolite - suscite la curiosité, interpelle et facilite les interactions. De plus, il a le privilège d’inspirer confiance, puisque l'on nous considère inoffensives par nature ! Ainsi nous voyageons autant avec des hommes seuls, des femmes, des couples, des personnes âgées, des hommes d'affaires, des chauffeurs routiers ou des paysans. Être des femmes permet une plus grande diversité des rencontres.

[NDLR : Je rencontre parfois des femmes seules en stop, mais environ deux fois moins que les hommes. L'an dernier, j'ai croisé 2 femmes seules sur 8000 km en tant que pouceuse, puis 2 sur 9000 km en tant que conductrice. On en voit plus en haute saison.]

Un conseil pour les femmes voyageuses ?

Vigilance, diplomatie et bon sens ! Nous ne nous fions qu'à notre instinct. Après concertation, si un véhicule inspire à l'une de nous un « mauvais pressentiment », nous déclinons aimablement l'offre de son conducteur (cela n'arrive que très rarement...).

L'unique règle que nous nous sommes fixée et avec laquelle nous ne transigeons en aucun cas, est de cesser de circuler une fois la nuit tombée !

Et si par prudence, nous sommes « armées », d'une bombe lacrymogène à portée de mains, nous n'avons jamais eu - ni même pensé un instant - à nous en servir (à tel point que nous ne savons pas même si elle fonctionne...) !

[NDLR : une voiture est un espace clos ! Pour le stop, si vous tenez à avoir une arme de self-défense, pensez aux produits en mousse, que ce soit au poivre de Cayenne ou la mousse d'encre]

Pouvez vous me dire quelques mots au sujet de votre blog ?

Rédigé à quatre mains et édité avec autant d’yeux, notre « journal de bord online » est alimenté d’un article quotidien. L'exercice implique une certaine rigueur, présente des contraintes (notamment celle de trouver une connexion fiable...) et occupe plusieurs heures par jour. Pourtant, l'écriture est partie intégrante du voyage. « À chaud », elle n'en est que plus vivante et sincère. Si le ton adopté est volontairement distrayant pour une lecture récréative, la palette des thèmes abordés est hétéroclite, futiles ou davantage « sérieux », selon l'humeur ou l'inspiration. Coups de cœur, de gueule, de foudre ou de soleil, l’essentiel est de les partager – et il faut dire que nous y sommes largement encouragées par un lectorat fidèle et enthousiaste !


Que pensez-vous des petites poucettes ?

vendredi 26 avril 2013

Recherches histoires de pouce pour recueil francophone

Crédit : Guillaume Charroin

Exceptionnellement, je relaie cette annonce que l'on m'a faite parvenir :

«Bonjour,

nous sommes deux journalistes québécois/voyageurs/ex-auto-stoppeurs qui préparons actuellement un recueil d’histoires de pouce (auto-stop). Un ouvrage collectif où différents voyageurs racontent un moment ou un trajet de pouce marquant.

Nous sommes présentement à la recherche d’aventuriers des routes qui ont de ces histoires à raconter. Nous lançons cet appel à tous, aux nomades aguerris comme aux apprentis, qui n'ont peut-être levé le pouce qu’une seule fois dans leur vie pour se rendre au village voisin. Notre objectif est de présenter un large éventail de récits, variés dans les époques, les lieux et les genres: anecdote cocasse, moment introspectif, rencontre humaine incroyable, subtile découverte culturelle, beauté inattendue d’un bord d’autoroute, expérience frustrante, tragique ou étrange. Laissez vous aller sans longueur ni style de texte imposé.

Si le projet vous intéresse, faites-nous dès que possible parvenir vos histoires par courriel. Les textes pourraient être retravaillés ou modifiés (avec votre consentement), publiés tels quels, ou si vous le préférez, nous pourrions recueillir vos témoignages et rédiger le texte. Nous contacterons les auteurs des histoires retenues pour le livre, plus d’informations sur le processus vous seront alors données.

N’hésitez pas à partager ce message dans votre entourage (particulièrement auprès des plus âgés sans ordi ou dans vos réseaux à l’étranger) ou à nous signaler des personnes qui, selon vous, auraient de bonnes histoires de pouce.

Au plaisir de vous lire! Hélène Mercier - mercier.ln@gmail.com»

dimanche 14 avril 2013

Ce blog est en pause

En raison des préparatifs pour le rallye de vélos solaires TheSuntrip auquel votre humble rédactrice prend part, ce blog, la page Facebook et la revue de presse Scoop.it qui y sont associés sont en pause jusqu'en septembre 2013.

En attendant, vous pouvez voir comment je deviens une superhéroïne en vélo solaire de la France au Kazakhstan ici :

SunTrotteuse.ca(et sur la page Facebook)


Vous pouvez toujours commentez ou m'envoyer des messages, mais je ne pourrai pas garantir une réponse avant septembre 2013. Je lis TOUT ce que l'on m'envoie !

lundi 8 avril 2013

Autostoppeuses fantastiques : Morgane Alexiane

Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.

Morgane, 24 ans, un peu dur d'expliquer d'où je viens : née à Toulon, Chti, Bretonne et Landaise d'adoption, ayant grandi également en Normandie et en Dordogne. Passionnée de musique, avide d'action et d'aventures, je cherche continuellement à dépasser mes limites; de la création de sentiers de randonnée à l'animation dans un radio, à la survie primitive en Laponie en plein mois de novembre et décembre à l'autostop, il n'y a eu presque qu'un pas!
Après avoir tenté la vie étudiante sur Bordeaux, autour de Noël 2011, j'ai cédé à mes envies d'évasion ! Sac sur le dos, pouce levé, je suis partie visiter la Pologne! Pour y aller et revenir aux portes de l'Espagne, il m'a fallu 5 mois, 150 euros, 20 kilos sur le dos, des tonnes de neige, beaucoup de souvenirs et des milliers de rencontres !

Comment décrirais-tu ton style de voyage ?


L'imprévu et une grande indépendance! En fait, mon style de voyage est à mon image : un peu fou, spontané et très simple. Ne jamais faire de plans, ne pas penser au lendemain et vivre à fond le moment présent. J'ai voyagé uniquement en Europe pour le moment, toujours en solitaire, mais je vous rassure, on est rarement seul !

Tu es une autostoppeuse. Que penses-tu de l'auto-stop ?


Le stop est le moyen le plus anonyme de rencontrer des gens. On a rien à perdre, on a toujours le choix de monter dans une voiture ou de rester sur le trottoir. Je n'aime pas choisir vers où partir donc bien souvent lorsqu'une personne me demande « où je vais », je réponds seulement « je ne sais pas, vous allez où, vous ? » bonne surprise et fou rire garanti ! 
L'auto stop est une chance incroyable de rencontrer des gens merveilleux, qui habitent le pays que l'on découvre, ils sont une mine d'informations importantes : certains s'improvisent guides touristiques, d'autres professeurs de la langue officielle du pays et d'autres encore deviennent de très belles amitiés !

Qu'est-ce que cela représente pour toi ?


Si je pouvais le décrire en un seul mot, ce serait la LIBERTÉ complète ! Bien entendu, on ne sait pas toujours quand on part, ni même où l'on dormira le soir. Mais je peux dire que le stop a réellement bouleversé ma vie, c'est tellement riche sur le plan humain que pour rien au monde je ne m'arrêterai !

Être une femme, en voyage, pour toi, ça change quoi ? 

L'auto-stop est seulement un état d'esprit, ce n'est ni une question de sexe, ni une question d'âge (du moins en Europe) !
Cette dernière année, j'ai fait du stop tous les jours et toujours en solitaire, à part une semaine en juillet avec mon petit frère et une autre semaine avec deux amies, et ça marche autant puisque la plupart des personnes qui s'arrêtent sont en fait seule ou à deux dans leur voiture !

Un conseil pour les femmes voyageuses ?

Comme pour tout le monde, il s'agit d'avoir du bon sens, un peu d'attention et surtout faire confiance à son instinct et vous verrez, c'est que du bonheur ! Pour ce qui est des routiers, ça va certes moins vite mais, vous verrez, ce sont les plus gentils du monde !

lundi 1 avril 2013

Incroyable : Billets Tour du Monde à demi-prix

POISSON D'AVRIL !

Les blagues du 1er avril sont une tradition que l'on retrouve dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique. Les poissons seraient par contre typiquement français dans cette histoire...


Allégorie de l'impact du tourisme alternatif sur les consortiums tours opérateurs, hôteliers et le tourisme industriel
Vous aurez bien compris que ceci n'est pas un billet sponsorisé vous menant vers un comparateur de billets d'avion, ni même une véritable offre de billets Tour du Monde à demi prix.

C'est plutôt une offre de billets Tour du Monde tout à fait gratuits !


Il vous suffit de partir en auto-stop !

En attendant votre tour, lisez tout de même...





Et aussi...


samedi 23 mars 2013

Auto-stoppeuses fantastiques : Jo Charnock

Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.

Je suis née en 1968, dans un monde de changement, dans la ville générique de Bolton (NDLR : en banlieue de Manchester, Angleterre), mais j'ai vécu dans plusieurs villes jusqu'à ce que mes parents démarrent des chambres d'hôtes en Cornouailles. 
Un jour, j'ai rendu visite à des parents, loin de chez moi pour la première fois à l'âge de 7 ans, et ce fut  un moment qui m'a marqué, j'ai su que je voudrais toujours voyager. Maintenant, j'ai 44 ans et je ressens toujours très fortement l'urgence de  voyager et de découvrir de nouveaux endroits.

En 1994, l'année de la fin de l'apartheid, j'ai fait un voyage avec mon sac à dos en Afrique du Sud. J'ai vite craqué et c'est devenu mon pays d'adoption.

Comment décrirais-tu ton style de voyage ?

Informel, simple, plaisant !

Tu es une auto-stoppeuse. Que penses-tu de l'auto-stop ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?

L'auto-stop me fait ressentir la liberté, et aussi un peu "rebelle", particulièrement quand on songe que l'on fait quelque chose que l'on vous a toujours déconseillé de faire. Quand on veut voyager avec un horaire précis, l'auto-stop n'est pas pour nous. Il n'y a pas de meilleure façon de le faire : se laisser aller dans la situation, et interagir avec les gens au niveau local directement.

Être une femme, en voyage, pour toi, ça change quoi ?

J'ai été assez chanceuse, dans les 9 dernières années car j'ai voyagé avec mon partenaire. Mais avant cela, j'ai beaucoup voyagé seule. En tant que femme, on doit être plus vigilante quant à notre sécurité, mais si l'on fait confiance à son instinct, on s'en sort plutôt bien.

Tu as écrit un livre, "A Hitch-biker's Guide Through Africa", est-ce que tu peux nous dire quelques mots à son sujet ?

C'est l'histoire d'un périple du Caire jusqu'à Cape Town, en combinant l'utilisation d'un vélo pliant et de l'auto-stop, et c'est pour cela que le nom est "hitch-biking" (NDLR : vélo-stop ou vélo-autostop) L'Afrique est très diversifiée et un monde incroyable !

Un conseil pour les femmes voyageuses ?

Je le répête, être vigilante, et faire confiance à son ressenti, à son instinct. On peut aussi choisir de faire équipe avec un(e) autre voyageur(se) pour un moment, ça peut être chouette !

La page web de Jo Charnock  & Une critique de son livre sur Bicycle Traveler (en Anglais)


Après avoir fait la livraison maritime de yachts à travers le monde pendant plusieurs années, Jo Charnock est travaille maintenant dans la distribution en Afrique du Sud des vélos pliables Dahon, la marque même qu'elle a utilisé pour sa traversée de l'Afrique en vélo-stop.

mardi 29 janvier 2013

Auto-stop : Article sur les tours du monde

Le magazine suisse Coopération nous offre un spécial de 3 pages sur l'auto-stop. Globestoppeuse y est mentionné, et je m'en réjouis !  On y présente les tours du monde en auto-stop de Ludovic Hubler et les petits nouveaux qui n'ont jamais répondu à mes questions après m'avoir écrit (!), Félix Leu et Marco Colombo de Road2knowwhere, dont le départ est prévu pour le 4 février.



Consultez le magazine en ligne en PDF (p.72-75)



Au passage, j'ai su que le tour du monde des Globestoppeurs était annulé. Voyez leur article explicatif et surtout, la belle vidéo qu'ils nous ont laissés :





Jérémy Marie est pour sa part en Ouzbékistan, et on peut bien sentir que pour lui, la fin approche !

mercredi 9 janvier 2013

Auto-stoppeuses fantastiques : Jade Johnston

Des auto-stoppeuses, y'en a pas des tonnes, mais il y en a, je suis loin d'être la seule ! Quand j'ai créé Globestoppeuse, je souhaitais d'abord offrir un espace pour les femmes, pour y recevoir des impressions et expériences de femmes. À l'époque, l'Internet offrait aux femmes des conseils que je trouvais inappropriés, dangereux, machos... Ou simplement, de ne pas faire de stop du tout.

J'inaugure avec cet interview une nouvelle série de billets : les auto-stoppeuses fantastiques. Ce sont des femmes que j'ai rencontrées ou dont j'ai entendu parler, qui font le choix de faire du stop lors de leurs voyages. Le but est de  présenter une diversité de portraits et de conseils de femmes ayant de l'expérience sur le terrain. 

J'ai rencontré Jade à Édimbourg en 2007 alors qu'elle y faisait comme moi un programme vacacnces-travail (PVT ou WHV en anglais). Nous nous sommes échangé un CouchSurfer, d'ailleurs, et avons célébré ensemble ce qui est encore le plus beau noël de ma vie, une réjouissance transculturelle chaleureuse et un réveillon si doux et bon que nous en avons oublié de déballer les cadeaux. Ils furent réutilisés l'année suivante auprès de d'autres voyageurs !

À l'époque, Jade ne faisait pas d'auto-stop. J'ai eu la joie de découvrir qu'elle s'y est mise à travers ma collaboration à son blogue de voyage (en anglais), ou cette série sera publiée parallèlement.

Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots pour les lectrices de Globestoppeuse.


Mon nom est Jade Johnston. Je suis une expatriée d'origine canadienne qui vient de la partir froide voire glacée qu'est le centre du pays. Je n'ai jamais vraiment voyagé dans mon enfance, alors quand je suis partie en échange universitaire au Danemark, ce fut un coup de foudre.Depuis, j'ai vécu dans 6 pays autres que le Canada et j'ai voyagé dans plus de 30 autres. Je vis désormais en Australie.

Comment décrirais-tu ton style de voyage ?

Je suis une voyageuse à petit budget. Je ne veux pas gaspiller d'argent sur les choses qui ne sont pas nécessaires - comme un hébergement chic ou des trucs du genre. Mais ensuite, ça ne me gêne pas de flamber ce qu'il faut pour une expérience unique et inoubliable comme nager avec les requins-baleines, etc.
Nous campions au fil du voyage - Il y a beaucoup de campings abordables en Nouvelle-Zélande
 (certains basiques, d'autres plus chics) Ce camping nous a coûté 5 $ chacun par nuit !


J'aime le voyage lent. Je préfère voyager au fil de la terre pour plusieurs raisons. Je suis plus à l'aise avec l'impact environnemental de mes voyages si je limite le plus possible le nombre de vols que je prends, et c'est aussi une excellente façon de voir le paysage et les plus petites villes que l'on n'aurait pas la chance de visiter normalement

Aussi, quand je voyage j'essaye de me laisser suffisamment de temps pour voir tous les coins du pays que je veux voir en une fois. Il y a tellement de parties du monde que je souhaite explorer, et je ne retourne pas très souvent deux fois au même endroit.


Tu es une auto-stoppeuse. Que penses-tu de l'auto-stop ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?


J'ai seulement fait du stop de façon régulière en Nouvelle-Zélande. Avant cela, j'aimais l'idée, mais j'ai toujours été trop nerveuse pour le faire par moi-même. Je ne savais pas vraiment comment le faire, comment approcher la technique, et je ne connaissais personne qui avait envie de partir pour un long trajet d'auto-stop avec moi.

Nous avons même pu nous rendre dans des endroits méconnus
La Nouvelle-Zélande est vraiment en endroit top pour le stop !
Ma première fois fut en Nouvelle-Zélande avec mon copain de l'époque, en revenant à Auckland après un festival. Nous avons rencontré tellement de personnes intéressantes sur la route, et avons vécu des aventures tellement incroyables que j'ai tout de suite accroché. Nous ne sommes pas rendus à Auckland en un jour et un couple de personnes âgées qui nous a pris nous ont offert de camper dans leur jardin. Après cet épisode, nous avons fait du stop à peu près partout en Nouvelle-Zélande. Le seul moment où nous avons pris le transport en commun était lorsque nous allions faire de la randonnée dans les parcs nationaux et nous voulions arriver à une heure spécifique pour avoir suffisamment de temps pour marcher. 

L'auto-stop est devenu pour moi un mode de vie. Prendre les transports en commun était presque devenu pour nous une façon de "bâcler" le trajet. Nous avons rencontré tellement de personnes intéressantes et vécu tellement d'aventures parallèles en stop. Je n'abandonnerais ces expériences pour rien au monde.

Je ne me suis jamais sentie en danger en faisant du stop (sauf peut-être la conduite un peu folle d'un routier !), mais j'étais rarement seule. J'ai fait du stop quelques fois en solo, et je n'ai pas eu de problèmes non plus.

Auto-stop en Nouvelle-Zélande
Nous avons été pris quelques fois  par des routiers, mais la plupart du temps,
 c'était des gens du coin qui nous prenaient

Être une femme, en voyage, pour toi, ça change quoi ?

Je crois qu'en tant que femme nous devons être un peu plus au fait des coutumes et des attitudes locales envers les femmes et les conventions sociales. Je pense que la plupart des hommes peuvent s'en sortir avec un peu plus d'ignorance, mais les femmes doivent toujours faire plus attention car des actions qui ont l'air normal chez nous peuvent être très inappropriées dans certaines cultures.

Par exemple, en voyageant dans les îles du Pacifique où l'on trouve un culture très conservatrice, très catholique, les femmes devraient généralement bien se couvrir le corps. Les maillots de bain ne sont acceptables que sur les plages touristiques. Même si les gens de là-bas n'ont rien dit ou fait face aux filles se baladant en bikini, je pense que c'était irrespectueux comme comportement.

Un des avantages d'être une femme en voyage, c'est que la plupart des gens ne te voient pas comme une menace. C'est particulièrement utile en auto-stop. Je faisais du stop surtout avec un homme. Beaucoup de nos conducteurs nous ont dit que la seule raison qui les a poussés à s'arrêter c'est qu'il y avait une fille - ça les mettait à l'aise.

Tu rédiges un blogue de voyage bien connu (en anglais), OurOyster.com. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots à son sujet ?


J'ai commencé mon blogue quand je vivais et voyageais en Nouvelle-Zélande et je m'en occupe depuis maintenant deux ans. Je me concentre sur le voyage à petit budget et les guides de destination, de même que les critiques de voyages organisés et le voyagea en famille. En ce moment, la majorité du contenu tourne autour de la Nouvelle-Zélande, l'Australie et les îles du Pacifique, mais je me remet lentement dans le bain de tout ce que j'ai amassé dans mes six ans de voyage avant de démarrer le blogue.

Depuis que j'ai quitté la Nouvelle-Zélande, je vis en Australie
et j'explore une à une les îles du Pacifique - ici à Samoa
Vers la mi-2013, je vais retourner au Canada pour quelques mois, et faire un road-trip de l'Ontario jusqu'à la Colombie-Britannique, en me concentrant vraiment sur les parcs nationaux, alors surveillez le site !

Un conseil pour les femmes voyageuses ?

Le monde est beaucoup plus sûr que les gens ne le croient. Malheureusement, en tant que femme, nous sommes souvent perçues comme plus vulnérables, mais nous ne le sommes pas plus quand nous voyageons que nous le sommes à la maison. À vrai dire, certains pays sont sans doute plus sûrs pour les femmes que notre pays d'origine.

Tant que vous faites preuve de bon sens, que vous prenez le temps de faire un peu de recherche et que vous avez confiance en vous, il n'y a rien que vous ne pouviez réaliser.

samedi 29 décembre 2012

Lectures : Chroniques de l'Occident nomade par Aude Seigne

Chroniques de l'Occident nomade Ma note : 4 étoiles sur 5

Chaque chapitre de ce carnet est un long paragraphe, succession de phrases saccadées, expulsées dans une aura de féminité, dans un souffle court de quelqu'un qui écrit pour Vivre. Si j'ai détesté l'abus de la citation et l'ombre de Nicolas Pernot planant sur le texte (et en gros bandeau bleu gâchant la couverture), j'ai été captivée par le rythme et le thème. Il aurait pu s'intituler "Chroniques amoureuses d'une nomade", ou "Réflexions sur la liberté mobile".
J'ai eu un réel plaisir à la suivre dans ses aventures, d'auberge de jeunesse en dortoir miteux, d'amours non-dites en baisers libérateurs, de l'Italie à la Syrie. Oser le voyage sous l'angle volage d'une liberté découverte, d'une féminité qui s'assume, des va et vient des rencontres péripathétiques. Courts et enlevants, les billets monolithiques permettent de prendre et déposer le livre à son gré, bien qu'on puisse très bien le lire d'une traite. Je le recommande surtout aux jeunes femmes qui se apprivoisent la route, ses désirs, ses plaisirs, ses opportunités et ses grandes solitudes.


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lundi 17 décembre 2012

Vidéo-stop : Handicap au vent

Je vous avais déjà parlé d'Handicap au vent, le film de Florent et Antoine, notre intouchable à nous, paraplégique voyageur.

Le film est maintenant disponible au complet gratuitement sur Internet. Il est un peu long certes, mais tout auto-stoppeur francophone se doit de le regarder : il y a là une mine d'inspiration à aller puiser...

Quand nous étions à Lyon pour une conférence-projection, l'événement était intitulé "Tout le monde peut faire du stop. Ça disait tout : si une femme et un paraplégique peuvent faire du stop...

Handicap au vent : auto-stop en fauteuil roulant !